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UNIM : Les Rouennais claquent la porte
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UNIM : Les Rouennais claquent la porte

manutention. Le Syndicat des manutentionnaires de main-d'oeuvre du port de Rouen (Smemopr) a démissionné de l'Union nationale des industries de la manutention dans les ports français (Unim).

Rendue publique début avril, la nouvelle de la rupture des manutentionnaires rouennais avec leur organisation faîtière est intervenue le 8 février dernier. Cette décision, qui aura pour le moins surpris les observateurs portuaires, survient moins de deux ans après l'aboutissement d'une réforme présentée comme devant définitivement ouvrir un avenir radieux à des ports français distancés par leurs homologues de mer du Nord et de Méditerranée. Au terme de deux décennies ponctuées de moments épiques, les manutentionnaires obtenaient en effet le contrôle de la main-d'oeuvre dockers et de l'outillage portuaire. À chaque étape de cette véritable saga, les acteurs rouennais de la manutention ont d'ailleurs tenu un rôle majeur en anticipant même les changements au point de passer pour les bons élèves d'une classe plutôt turbulente. Mais avec la crise économique et son impact négatif sur les trafics, le chemin n'est plus nécessairement le même pour toutes les places françaises de manutention portuaire. C'est ce que semble suggérer la décision rouennaise de se retirer de l'Unim qui pourrait faire école ailleurs. Constituant l'un des piliers de l'influente Union Portuaire Rouennaise (Upr), le Smemopr est présidé par Éric Dubès, directeur général de Somap (groupe Sealogis). Il rassemble une dizaine d'entreprises employant au total quelque 350 salariés. Une chose est certaine, les manutentionnaires rouennais n'ont pas agi sur un coup de tête. Bien au contraire, leur décision apparaît « mûrement réfléchie » et sévèrement argumentée, estime le président du syndicat. « Depuis plusieurs années maintenant, le Smemopr se trouve en fort décalage par rapport aux orientations prises par l'Unim et en désaccord avec bon nombre des décisions prises par elle », écrivait début février Éric Dubès au président de l'instance nationale.




Une politique imposée par Marseille et Le Havre ?

Plus précisément, les manutentionnaires rouennais reprochent à l'Unim de conduire « de manière assumée » une politique imposée par Marseille et Le Havre, les deux grands ports français spécialisés dans le trafic des conteneurs, où les intérêts des armateurs résident dans la recherche de la paix sociale à tout prix, « y compris au détriment des équilibres économiques ». Allant jusqu'à évoquer « des surcoûts mortifères pour les entreprises », Éric Dubès, cite l'exemple de l'accord de pénibilité du travail des dockers : « le projet initial reposait sur une cotisation patronale 1,5 % assise sur la masse salariale. Nous en sommes à 7 % en moyenne sur la durée du dispositif, et l'on parle à présent de 12,5 % ». Probablement « rattrapable » selon Xavier Galbrun, le délégué général de l'Unim, la sécession rouennaise aura une incidence sur l'évolution de la gouvernance de l'organisation de l'avenue Marceau avec notamment l'instauration de 3 vice-présidences et la promesse d'être « plus à l'écoute ». La suite dépendra aussi de la personnalité du président choisi lors de l'assemblée générale de l'Unim qui, initialement prévue en juin, a été avancée au 16 mai. Sachant que les postulants « ne se bousculent pas ». Depuis le retrait en mars dernier de Jean-François Mahé, l'intérim de la présidence est assuré par le Havrais Christian de Tinguy, directeur général de Terminaux de Normandie (groupe Perrigault) antérieurement responsable des affaires européennes. « Une forte inflexion de la politique de l'Unim pourrait nous amener à revoir notre position », indiquait Éric Dubès dans la lettre de démission du Smemopr. En attendant, les manutentionnaires locaux entendent « travailler à l'optimisation des services à leurs clients qui viennent chercher à Rouen du cousu main dans un port à taille humaine où prime la marchandise ».

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