Certes, la crise a touché le secteur de l'agroalimentaire, mais moins fortement que d'autres. «Certains marchés qui s'attendaient à souffrir, comme les eaux minérales, s'en sortent mieux que prévu», note Jean-Michel Barbier, directeur de l'association des industries agroalimentaires et d'Agria Lorraine. «C'est lié à l'été 2009 qui a été très agréable.» Et qui a aussi profité aux brasseurs et aux producteurs de fromages frais. «Sur les produits alimentaires classiques, nous n'avons pas eu trop de difficulté.»
Faits marquants
Certaines entreprises ont poursuivi leurs investissements comme Neuhauser à Folschviller. «L'entreprise conforte sa place de leader de la panification surgelée.Notamment en rachetant dernièrement une entreprise en Vendée.» Toujours en Moselle, les abattoirs de Sarreguemines ont connu un épilogue heureux, puisqu'ils ont été repris par Pujol (Aveyron). De son côté, Bigard va revendre les abattoirs de Verdun et de Mirecourt de la Socopa, entreprise rachetée l'année dernière. «Le groupe va aussi revendre l'unité de transformation de Eloye, dans les Vosges. Cela veut dire que d'ici quelques mois, nous aurons un nouvel opérateur en Lorraine pour la filière viande.» Une filière bien présente dans la région. «En Meurthe-et-Moselle, Saint-Hubert reste dans le dynamisme et la progression.Pour rester sur le dynamisme, n'oublions pas de rappeler qu'en octobre s'est déroulé un carrefour des fournisseurs des industries de l'agroalimentaire. C'est un moment important pour le secteur, car c'est une valorisation de nos métiers en termes d'image et d'entreprises qui ont trouvé des solutions près de chez elles.» Ce qui ne doit pas faire oublier que certains sites ont fermé, comme des charcuteries. «Il s'agit d'entreprises qui étaient fragiles au niveau de la gestion avant la crise.» Du côté des distributeurs, les hard discount ont enregistré une baisse d'activité en Lorraine. «Mais il y a une progression des MDD (marques de distributeur, NDLR).En parallèle, le marché du luxe en alimentaire a progressé.» Des épiceries fines se sont créées. «Il y a un segment haut de gamme qui se porte bien.» En matière de perspectives, la sortie de crise devrait se faire plus tard que pour les autres secteurs. «Simplement parce que nous avons été impactés plus tard. Mais je pense qu'il n'y aura pas d'euphorie, que cela se fera de façon linéaire.» Parmi les indicateurs attendus pour se faire une meilleure idée: les fêtes de fin d'année. «En 2008, elles se sont bien passées pour nous.»
Secteur moins cyclique, l'Industrie agroalimentaire (IAA) est moins impactée par la crise. Si cette dernière s'est fait sentir plus tard, la reprise devrait également concerner l'IAA après les autres domaines.