Un mois vu parNicole Calvinhac

Un mois vu parNicole Calvinhac

Présidentedu Conseil régional de l'Ordre des experts-comptables de Toulouse Midi-Pyrénées depuis décembre 2010 Parcours Née le 5 novembre 1950 Diplômée de l'ESC Toulouse 15 ans dans la mode pour la filature Pierre de Loye Inscription au Tableau de l'Ordre en qualité d'expert-comptable en 1999 Divers mandats en lien avec l'emploi et la formation

La France envisage de suspendre les accords de Schengen suite à l'afflux de migrants tunisiens. «L'immigration que l'on barre aujourd'hui à la porte de la France me fait mal. Je suis née en Tunisie de parents français et nous avons quitté ce pays en 1964, après la nationalisation de leurs biens. Pendant les Trente Glorieuses, la France a eu besoin d'ouvriers pour travailler chez Renault, construire des routes, etc. et a ouvert ses portes en grand, sans anticiper le devenir de ces gens et de leurs enfants. On a traité des immigrants définifs comme des travailleurs temporaires et je crois que, dans les banlieues, on paye maintenant le prix de cette immigration mal pensée. D'autres terres d'accueil, comme le Canada ou l'Australie, ont su mieux gérer l'arrivée de populations, avec une vision à long terme de leurs besoins futurs, en matière d'éducation notamment.»




1,5 actif pour 1 inactif de 60 ans et plus en 2060, contre 2,1 pour 1 en 2010, selon l'Insee.

«Je suis arrivée sur le tard dans la profession comptable. Mon mémoire traitait de la situation des réserves financières de la Cavec (Caisse d'assurance vieillesse des experts-comptables et des commissaires aux comptes, ndlr) et je me souviens qu'à peu près à la même époque était sorti le rapport Charpin sur l'avenir des retraites (en juin 1999, ndlr). Je ne comprends toujours pas pourquoi il a été enterré car il était criant de vérité. Abaisser l'âge de la retraite à 60 ans a été une aberration économique, compte tenu de l'allongement de la durée de vie. Mais, d'un point de vue humain, je comprends que les Français se révoltent. Ils ont vu leurs aînés partir à 60ans avec des pensions parfois très confortables et, aujourd'hui, les règles changent et leurs espoirs s'envolent...»




192.100 demandeurs d'emploi en région à fin janvier, selon Pôle Emploi.

«Comme tout chef d'entreprise, je suis amenée à recruter. Et quand je vois les CV qui m'arrivent, force est de constater l'inadéquation entre l'offre et la demande, avec un saupoudrage de formation sur une multiplication de petits boulots disparates. Le problème en France, c'est que l'on crée des formations quand on constate une pénurie sur un marché alors que l'on devrait, là encore, tout mettre à plat et avoir une réflexion à long terme.»