Loi d'avenir. « Le ministre Stéphane Le Foll semble prendre la mesure de la nécessité de productivité du métier d'agriculteur. Les grandes négociations sur la Loi d'avenir portent à la fois sur les productions qui ont vocation à l'export, comme le lait, les céréales et les viandes, et sur les filiales rentables seulement dans les circuits courts, de proximité. Dans le même temps, la fin des quotas européens dans le secteur laitier se profile pour mars 2015. Après 30 ans d'un système qui voulait faire converger l'offre et la demande, c'est une vraie révolution pour les producteurs qui se retrouveront face à de très grands groupes industriels que sont Lactalis, Danone ou Sodial. »
Politique agricole commune.
« La PAC prend de nouvelles orientations pour 2014-2020. La PAC donne une part non négligeable de ses financements aux Régions. Le Conseil régional prend ainsi un poids considérable. C'est à mon avis un très mauvais signe, une renationalisation de la PAC ; ce n'est pas comme cela que l'on bâtit l'Union européenne. Surtout que Rhône-Alpes oriente ses financements vers les filières courtes et oublie un peu qu'elle a des producteurs plus importants. C'est une question d'autonomie pour ne pas dépendre, par exemple, du soja américain ou brésilien quand on a localement du tourteau pour nourrir nos élevages. L'agriculture n'est pas dans une économie libérale au même sens qu'une autre industrie. Le débat tourne autour de l'alimentation vs la production de matière première. »
Ukraine.
« Ce pays est un client pour le secteur des semences iséroises, en plein développement. En agriculture comme ailleurs, tout producteur est inquiet quand il a un client fragile ; le commerce se passe toujours mieux avec un pays stable. Nous sommes obligés d'être vigilants aux marchés qui bougent autour de nous, d'autant plus que la France mise plus sur les productions à valeur ajoutée que sur les volumes. »
Emploi.
« L'agriculture iséroise, c'est plus de 7.000 emplois. Il nous est difficile de trouver du personnel. Nous mettons donc en place de la détection de jeunes et de la formation pour avoir de la main-d'oeuvre qualifiée. Passer par des employés internationaux est dommage pour l'emploi local quand l'agriculture est par définition locale. C'est la même logique que l'artisanat. »
Président FDSEA Isère depuis mars 2013 Safer Isère Vice-président de la Chambre d'agriculture Isère Parcours 57 ans Producteur céréalier et de légumes et fruits rouges sur 70 ha avec quatre salariés ETP, à Revel-Tourdan (38)