La crise de l'euro. «Ce qui m'inquiète dans la situation actuelle, c'est que l'on nous cache encore des choses. Rappelez-vous de François Fillon qui, il y a 5 ans, nous disait: "Les tiroirs sont vides". Quelle que soit la majorité qui se dégagera après les élections, ses marges de manoeuvre seront étroites. Le grand endettement de la France est lié à la conjoncture oui, mais il est aussi structurel, avec une très forte désindustrialisation du pays. L'accroissement permanent de la dette risque de faire monter de façon irrémédiable les taux d'intérêts à tel point qu'un jour, il n'y aura plus de pirouette possible: on ne pourra plus rembourser et que l'on pourrait se retrouver dans la situation de la Grèce. Je pense malheureusement que beaucoup de Français ne se rendent pas compte de la gravité de la situation et se laissent embarquer par le chant des sirènes».
La bipolarisation du débat politique. «N'y aurait-il que deux partis politiques en place en France? "Être de droite, être de gauche, c'est être hémiplégique", disait Raymond Aron. Cette bipolarisation risque de nous entraîner vers un résultat où ce sont surtout les abstentionnistes qui vont l'emporter, lassés par des discours soporifiques et prometteurs. Je pense qu'il faudrait raisonnablement s'orienter, après les élections, vers un gouvernement d'union nationale réunissant, au-delà des notions partisanes, les meilleurs de nos dirigeants, les plus belles idées, au service de l'intelligence collective».
L'avenir des 35heures. «On ne pourra pas éternellement être en décalage total par rapport aux pays qui nous entourent. Les 35heures ont été néfastes pour la compétitivité et l'emploi dans beaucoup de PME, même si, par ailleurs, elles ont ouvert la voie à une nouvelle organisation du travail dans des domaines ou l'informatisation où l'automatisation des process allaient conduire à des suppressions de postes. Maintenant, la solution n'est pas de les supprimer du jour au lendemain ou de décider de façon unilatérale de leur maintien. Il faut négocier, en ayant en permanence en tête que les 35heures coûtent 15milliards d'euros à l'État. Ce que je dis n'est pas forcément politiquement correct mais on verra bien, dans un avenir proche, si j'ai eu tort ou raison».
Président Comité de défense des travailleurs frontaliers parcours 57 ans Ancien responsable logistique dans des entreprises en Suisse (secteur des fournitures pour l'industrie et l'artisanat) Ancien secrétaire syndical à Bâle Président et directeur du CDTF du Haut-Rhin depuis 1991