Un mois vu par.. : Bruno Delcampe

Un mois vu par.. : Bruno Delcampe

Sa fonction : Président Fondateur de Sos Entrepreneur, association d'aide aux dirigeants en difficultés. Son parcours : Membre fondateur du « Portail du Rebond des Entrepreneurs », premier groupement d'intérêt associatif français. 1e r prix Edhec de l'Entreprise Solidaire en juin 2012, école où il a suivi son MBA.

Défaillances d'entreprises

Même si on a le sentiment que ça va un peu mieux, les chiffres de l'année 2015 restent encore 25 % au-dessus des données de l'avant-crise de 2008. Le retournement n'a pas encore eu lieu. Il y a de fortes chances pour que 2016 démarre avec un meilleur niveau mais les moyennes de progression, entre 2007 et 2015, restent catastrophiques : + 15 % pour les entreprises de moins de 3 salariés, + 66 % pour celles allant de 3 à 9 employés, + 57 % pour les entreprises de 25 à 49 salariés, + 41 % pour les 50 à 90 salariés et + 34 % pour les sociétés de plus de 100 personnes. Même si les carnets de commande ont tendance à se reconstruire, le défi pour les entreprises sera désormais le fonds de roulement.



Loi Macron


Pour sortir les entreprises d'un niveau financier trop bas et les aider dans la constitution de leurs fonds propres, le prêt interentreprises, annoncé en août dernier, dans le projet de loi Macron donnait de bonnes nouvelles. Mais il tarde à venir. Au Ministère, on me répond que ça prend du temps, qu'il faut attendre la mise en place du décret d'application. Du côté des entrepreneurs, la situation s'enlise pendant ce temps-là. Comme les capitaux propres ne sont pas suffisants, difficiles de demander des prêts aux banques. Ils se retrouvent dans des situations où l'attractivité repart bien qu'ils n'aient pas les finances pour assurer la production. Je côtoie plusieurs cas de ce genre dans la région.




Portail du Rebond des Entrepreneurs
Dans le cadre de notre groupement d'intérêt, nous avons proposé au ministre Emmanuel Macron un certain nombre de propositions d'aménagement de la loi Noé et portant, entre autres, sur la caution bancaire personnelle à atténuer et la sanctuarisation des domiciles de dirigeants, la possible contribution des particuliers au fonds des entreprises locales, l'obligation d'une assurance santé des entreprises pour l'accompagnement du dirigeant qui devrait également pouvoir bénéficier d'un SMIC limité dans le temps lui permettant de vivre quand sa société est liquidée.