Affaire Lejaby. «Je suis contente qu'il y ait une solution de reclassement pour toutes ces femmes qui voient l'industrie à laquelle elles sont attachées sortir de France. Mais je regrette que le prix à payer pour le maintien de l'emploi soit la perte du savoir-faire et de la haute technicité de la lingerie française. J'ai vécu l'une des premières délocalisations de Grenoble, celle de Marése dans les années 70. À l'époque, ça ne faisait pas de bruit car seul un secteur était touché. On a commencé à s'en alarmer quand les délocalisations ont touché l'industrie lourde et donc l'emploi masculin. On considère encore aujourd'hui l'emploi de la femme comme secondaire alors qu'un emploi à temps plein et valorisé est extrêmement important pour les femmes, notamment celles en situation monoparentale.»
Révolutions arabes.
«De plus en plus, on fait référence au sort des femmes comme degré de développement d'un pays. C'est récent et c'est une belle victoire pour les féministes qui dénoncent depuis tant d'années l'emprise et la domination masculines, qui sont les corollaires du sous-développement. Que la question des femmes soit récurrente, tant sur le plan politique qu'économique, est extrêmement positif: on comprend que le développement d'un pays ne peut pas se faire sans les femmes, qui doivent avoir un rôle dans les entreprises et les institutions. Je reste toutefois inquiète de la mainmise religieuse, notamment en Tunisie et en Égypte, sur la liberté des femmes. Nous devons rester vigilants.»
Grèce et Europe.
«J'ai le sentiment profond que l'on ne s'y prendrait pas autrement si on voulait faire capoter l'Union européenne: un élargissement trop rapide sans consolidation des institutions, une course effrénée au développement, une vilaine habitude de voir les institutions comme un guichet, une manne économique de soutien, plus que comme un aménageur et un moyen de structurer les pays. L'Europe devrait fédérer autour de valeurs communes, être un lieu de construction politique, au sens large de la cité.»
Parcours Née le 30août 1954 Diplôme de technicienne en habillement, DUT de documentaliste d'entreprise, maîtrise d'urbanisme Conseillère municipale à Saint-Égrève de 1977 à 1995 Maire de Vif de 2001 à 2006 Mandats Vice-présidente du Conseil général depuis 2001, en charge de l'enfance en danger, de la famille et de l'égalité entre les hommes et les femmes Présidente de l'Association des femmes élues de l'Isère depuis 2007 Secrétaire fédérale au droit des femmes au PS Conseillère municipale de Vif