Le METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire) et Croissance plus (association des entreprises en forte croissance) étaient à la manœuvre jeudi 2 avril à La Sorbonne à Paris pour le premier sommet européen des ETI. Avec en chef d’orchestre de cette manifestation inédite Alain Marty, fondateur du Cercle Wine Business et directeur de la rédaction d’ETI radio. L’ambition : faire se rencontrer et dialoguer des dirigeants d’entreprises françaises et européennes (polonaises, italiennes, allemandes, belges, espagnoles, portugaises…), des personnalités politiques (les ministres français Sébastien Martin (Industrie), Serge Papin (PME), Mathieu Lefèvre (transition écologique), Jean-Pierre Farandou (Travail), Benjamin Haddad (Europe), l’ancien Premier ministre Michel Barnier, Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, Hervé Novelli ancien ministre des PME), mais aussi des représentants d’organisations patronales européennes et des banquiers.
Fer de lance de l'économie
Au programme des tables rondes qui se sont enchaînées tout au long de la journée, les attentes et les atouts des ETI, fers de lance de l’industrie, qui créent de la richesse et des emplois sur les territoires, défendent le made in France à l’international et pâtissent unanimement de la surabondance normative et réglementaire en Europe. Au hasard des thèmes débattus : l’énergie et la décarbonation, le recrutement des talents, l’innovation, les stratégies de croissance et la dimension familiale de ces entreprises situées à mi-chemin entre les grands groupes et les PME.
Fédérer le Mittelstand
Le "Mittelstand" regroupe en Allemagne les entreprises de taille intermédiaire et compte trois fois plus d’ETI que la France où leur nombre est malgré tout passé de 4 600 en 2008 (date de leur identification officielle par la loi de modernisation de l’économie, NDLR) à 7 000 aujourd’hui. Si en France le rôle moteur des ETI sur l’économie est aujourd’hui reconnu tout comme leur ancrage territorial, elles peuvent encore à l'occasion se sentir menacées comme lors du dernier débat budgétaire (abandon de la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), remise en cause du pacte Dutreil, destiné à faciliter les transmissions familiales en allégeant la fiscalité …). Surtout les ETI françaises veulent désormais peser au niveau européen pour renforcer leur compétitivité notamment face à la Chine. En septembre 2025, le Meti et son homologue allemand, BVMW, déploraient ainsi dans un communiqué commun que le "Mittelstand européen" qui regroupe quelque 40 000 entreprises au sein de l’Union, ne soit "ni reconnu ni placé au cœur des politiques économiques, alors qu’il devrait en être la colonne vertébrale".
Une deuxième édition du Européean ETI Summit aura lieu le 11 mars 2027 à Paris, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Avec pour objectif de faire entendre à nouveau la voix des entreprises au niveau européen et défendre un allègement de la fiscalité, une simplification de la réglementation et une reconnaissance de cette identité de "large midcaps" (jusqu’à 5 000 salariés) avec, à la clef, la mise en place d’une politique d’accompagnement spécifique.