Strasbourg
Un mois vu par Armand Marx
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Un mois vu par Armand Marx

bâtonnier De l'ordre des avocats de Strasbourg parcours 56 ans Diplômé de droit à la faculté de Strasbourg, ouvre un cabinet à Haguenau en 1983 Elu au bureau de la Ligue Alsace de football amateur Cofondateur de la JCE d'Haguenau, ancien président régional de la JCE

L'avocat et l'entreprise. «Un grand débat agite actuellement notre profession : un avocat peut-il, oui ou non, être intégré dans une entreprise, à l'anglo-saxonne ? Bercy nous pousse vers cela mais la grande majorité des 161 barreaux en France est contre. Pourquoi ? Cela pose le problème de notre indépendance et du secret professionnel, les deux principes qui sont le ciment de notre profession. Comment garantir lors d'un litige, par exemple, le secret de la correspondance entre deux avocats si l'un d'eux dépend d'un dirigeant ? Au fond, c'est une question qui concerne surtout les très grandes entreprises. Si je suis plutôt contre ce principe, je suis en revanche un fervent partisan de l'avocat "aux côtés" de l'entreprise, voire "détaché" en entreprise. Cela permet de garantir son indépendance tout en renforçant l'image de son action dans le monde économique»

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Strasbourg, place judiciaire. «La réforme de la carte judiciaire a pénalisé Strasbourg au profit de Nancy, avec le transfert de nombreuses compétences. Elle reste néanmoins la capitale de la justice européenne, avec le siège de la Cour européenne des droits de l'Homme. Dans chacun des 47 pays de son ressort, quand tous les recours ont été épuisés, c'est vers Strasbourg que se tournent les justiciables. Avec des demandes parfois farfelues, qui encombrent le système. Nous oeuvrons donc à la création, ici, d'un barreau spécialisé dans le droit européen, sur le modèle de celui de la Cour internationale de justice de La Haye. En attendant, la réforme de la carte judiciaire n'est pas tout à fait terminée... et je veux une cour d'appel à Strasbourg. Si elle y est défendable, elle ne l'est plus, selon moi, à Colmar».

L'art contemporain. «Georges Pompidou a dit un jour : "L'art doit discuter, doit contester, doit protester". Je me reconnais profondément dans cette phrase, qui me renvoie tout à la fois à mon métier d'avocat et à ma passion pour l'art comtemporain. Je suis particulièrement sensible aux oeuvres de Philippe Pasqua qui, tout en étant dans le figuratif, dans les visages, parvient à nous renvoyer tous les tourments de la société actuelle, à nous mettre devant l'acceptation de la différence. Il prouve quelque part que le beau du figuratif n'est plus seulement sur les podiums de mode, il est aussi dans l'art contemporain».

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