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Un mois vu par Alain Goguey
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Un mois vu par Alain Goguey

Journaliste Cofondateur en 2005 d'Aria Nord, agence régionale d'information alternative Parcours Né en 1952 à Luxeuil-les-Bains (70). Études d'histoire à Besançon puis journalisme à l'IUT de Bordeaux. Enseignant en 1979, il fonde l'Estocade, bimestriel en Franche-Comté. Arrivée à La Voix du Nord en 1981. Engagé CFDT (1994-2004) puis SNJ-CGT.

L'intervention militaire de la France au Mali. « La guerre n'est jamais une bonne chose. Sans doute fallait-il intervenir pour faire barrage à l'offensive de Jihadistes qui, après avoir fait régner la terreur à Gao et Tombouctou, s'apprêtaient à le faire plus au sud. Bamako prise, le risque était réel que le Mali soit transformé en base arrière de ces fanatiques qui veulent imposer leur ordre intégriste. Mais pour éviter que le Mali ne devienne un nouvel Irak ou un nouvel Afghanistan, c'est tout ce qui favorise le développement de la pauvreté et de la corruption qu'il faut combattre en oeuvrant à une meilleure répartition des richesses entre le Sud et le Nord, à plus de justice sociale. »




La crise et l'économie sociale et solidaire. « La crise de 2007 et les suivantes ont eu au moins un mérite : celui de nous faire voir que le modèle économique dominant allait dans le mur. Il est temps d'inventer un autre monde, plus respectueux des femmes et des hommes et de leur environnement. Cet autre monde, c'est celui de l'économie sociale et solidaire (l'ESS) dont les expériences plurielles apportent des solutions aux grands problèmes de la société. Dans le cadre d'une économie plus responsable, plus durable et un rapport au travail dans lequel le sens et la finalité redeviennent essentiels. »


Lincoln à l'affiche.

« Le dernier film de Steven Spielberg laisse une curieuse impression de malaise... On imagine que l'esclavage sera aboli aux États-Unis aux lendemains de la guerre de Sécession, au terme d'une lutte politique épique, sans effets spéciaux mais avec de vrais arguments. Et c'est à une chasse aux voix, sans élégance, à un débauchage sordide de quelques démocrates que l'on assiste, car il manque quelques voix aux Républicains de Lincoln pour l'emporter dans cette entreprise abolitionniste. Pour les obtenir, Lincoln se fait menteur et manipulateur. Mais il faudra plus d'un siècle pour qu'un président noir soit élu. »

Propos recueillis parFrédéric Labendzki

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