Un "fil à la patte électronique"
# Conjoncture

Un "fil à la patte électronique"

Le smartphone pourrait bien être un "fil à la patte électronique", une source permanente de travail qui pénètre les sphères professionnelle et personnelle. Un mélange des genres qui rend bien souvent l'employé corvéable à merci, incapable de se déconnecter.




Surchauffe cognitive

Thierry Venin, chercheur au CNRS s'intéresse aux effets des Technologies de l'information et de la communication sur le monde du travail. Selon lui, ces nouvelles technologies «renforcent un tas d'effets néfastes tels que la suroccupation, l'absence de temps mort, le mélange des sphères privées et professionnelles.» Le caractère très addictif des smartphones joue à double sens: c'est à la fois un outil fabuleux et l'objet de réelles souffrances pour les employés, qui sont submergés de mails, d'informations et se retrouvent en situation de "surchauffe cognitive".




«Remettre l'homme au coeur du système»

Près de 75% des cadres se plaignent d'avoir du travail à faire à la maison depuis l'apparition des "téléphones intelligents", selon une enquête menée par le chercheur et la CGC. Cette souffrance résulte de l'absence totale de maîtrise de ces nouveaux outils. «Les entreprises fournissent massivement des outils de communication à leurs cadres mais très peu ont élaboré des chartes ou des mesures de régulation d'utilisation», remarque Thierry Venin. Les cadres se confient lors des groupes de paroles menés par le chercheur. «Certains témoignent sous anonymat en disant qu'ils n'ont pas le droit de se déconnecter plus de quatre heures par jour. En moyenne, ils reçoivent 200 mails par jour!» Une pandémie de stress sévit au sein des entreprises, les cadres ont l'impression d'être constamment débordés tout en ne faisant rien. La solution? «Remettre l'homme au coeur du système», apprendre à fermer ses mails et à se déconnecter, prendre de la distance avec l'outil, répond Thierry Venin.

# Conjoncture