L'histoire de Transformateurs Solutions Vénissieux (TSV) est une histoire d'hommes. Attachés à leur usine, à leur travail et à défendre leur avenir. Fin 2006, le groupe Areva annonce qu'il souhaite vendre l'établissement Areva T & D de Vénissieux au fonds de retournement Green Recovery. L'ensemble des salariés (85 à l'époque) conteste cette décision et demande le droit de faire une offre. «Nous avons fait la meilleure offre, tant au point de vue financier que sur le plan social et industriel», analyse François Simon. L'ancien directeur de l'établissement, devenu le P-dg de TSV, dirige aujourd'hui une entreprise florissante de 120 personnes, qui annonce un chiffre d'affaires de 17M€ en 2009 et un «bon résultat». La société de services sur les transformateurs de puissance est détenue à plus de 50% par une partie de ses salariés, sur la base du volontariat, de ?love money? et le groupe Siparex (environ 40%). «Notre modèle contribue à un climat de confiance global car il y a un fort sentiment d'appartenance», explique François Simon. Le dirigeant veille à ne pas créer de différence entre salariés actionnaires et non actionnaires. «L'argent placé au capital est un moyen, pas une finalité.» De fait, les bénéfices sont réinvestis, à un rythme «trois à quatre fois supérieur au rythme annuel que l'on avait avant», précise le P-dg. Devenue indépendante, TSV a gagné de nouveaux clients sur un marché porteur, tout en gardant de bons rapports de «partenaire» avec Areva. Conscient de vivre une aventure humaine autant qu'entrepreneuriale, François Simon vient d'orchestrer la publication d'un ouvrage de photographies sur TSV, aux éditions Libel. Un projet né de la rencontre avec le photographe Frédéric Bellay qui cristallise les valeurs de l'entreprise: plutôt qu'un catalogue technique de ses performances, TSV communique ses émotions, l'attachement à son activité.
En 2007, les salariés du site Areva T & D de Vénissieux ont repris l'entreprise, au nez et à la barbe d'un fonds de retournement. Embauches et croissance sont au rendez-vous.