Damian Marron, président du directoire de Trophos, le concède volontiers: les biotechnologies fonctionnent sur la base de cycles particulièrement longs. Ainsi, il aura fallu une douzaine d'années à la société, et un investissement total de 58M€, pour aboutir à la commercialisation potentielle d'un premier produit à l'horizon 2012. Des levées successives assurées pour moitié par des capitaux-risqueurs et pour moitié nourries de subventions et d'aides, dans le cadre de programmes collaboratifs (ANR, Union européenne, Oséo). «Nous développons des thérapies innovantes, dans les domaines de la neurologie et de la cardiologie, rappelle Damian Marron. Précisément, nous travaillons sur la création d'un traitement de la sclérose latérale amyotrophique et de l'amyotrophie spinale. Des maladies très sévères, dites orphelines, pour lesquelles il n'existe pour le moment aucun traitement».
Gérer le temps et les risques
Pour la première de ces deux maladies, la société est actuellement en phase III de son étude, au stade avancé de développement clinique. «Cinq cents patients ont été ?recrutés? en Europe, et les résultats sont attendus pour fin 2011, explique Damian Marron. Si tout fonctionne comme prévu, le produit sera enregistré, puis mis sur le marché en 2012, avec le soutien de partenaires. Au niveau mondial, ce marché, qui concerne 90.000 patients chaque année, représente environ un milliard de dollars». Les résultats concernant un possible traitement de l'amyotrophie spinale devraient quant à eux être connus en 2013. «Un marché de 200 à 300millions de dollars, pour environ 20.000 malades chaque année dans le monde», commente Damian Marron, dont la société vient de lancer un deuxième programme, qui cible cette fois-ci les conséquences de l'infarctus myocardien. Les premiers essais cliniques sont prévus pour l'automne prochain. Ce marché de niche concerne tous les ans 800.000 personnes, dans les sept pays les plus industrialisés du monde, pour un total de 500millions de dollars. «Nous évoluons dans une industrie à part, confirme Damian Marron. La longueur de nos cycles rend le processus d'investissement forcément plus difficile. Tel est le challenge des biotechnologies: disposer d'investisseurs expérimentés qui savent gérer les facteurs temps et risques».
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Douze ans de recherche et un investissement total de 58M€ auront été nécessaires au développement, par la société marseillaise Trophos, d'un premier produit, qui pourrait être commercialisé à partir de 2012.