Après un premier tour de table en 2001 et une entrée en bourse en 2015 qui avait signé l'entrée de Safran et de Thalès, c'est au tour du fabricant de capteurs Epcos, détenu par le groupe nippon TDK, de faire une offre pour le rachat de Tronics sous forme d'OPA, qui sera présentée aux marchés début septembre. Contactée, la direction de Tronics n'a pas souhaité s'exprimer tandis que celle d'Ecpos n'a pas retourné nos appels. Pour Aster Capital, actionnaire historique de Tronics qui détient 7% des parts, « cette proposition intervient alors que Tronics a diversifié son offre pour sortir du pétrole. Nous étions nous-mêmes prêts à sortir après 15 années passées au sein du capital », explique Jean-Marc Bally, d'Aster Capital, qui finance près de 45 sociétés à travers le monde (dont The CoSMo Company, OptiReno, JetMetals, Teem Photonics en Rhône-Alpes). S'il ne souhaite pas se prononcer au nom des autres actionnaires, il affirme que le fonds de TDK vise à réunir au moins les 2/3 des parts. « Avec les fondateurs et les investisseurs qui se sont déjà exprimés (soit AsterCapital, Innovation Capital, Omnes Capital, CEA investissement, et des actionnaires fondateurs), TDK pourrait récolter 53% du capital ». Fonds parisien, issu à l'origine d'une corporate venture du groupe Schneider en 2000, Aster Capital a investi en 2001 dans Tronics « car la société possédait un focus industriel fort et une équipe sérieuse issue du CEA Leti », se souvient Jean-Marc Bally. Bien que la durée de l'investissement excède le modèle classique des VC, il rappelle que « la société est autosuffisante depuis 2006. Il y a eu de bonnes et de moins bonnes années ».
« Un centre d'excellence »
Une référence à peine voilée à la crise de 2008 qui a fait dégringoler le secteur, mais aussi à l'année 2015 où Tronics a enregistré une chute de 33% de son CA (7,7 M€). En 2016, le chiffre d'affaires du premier semestre s'élevait à 3,1 millions d'euros, contre 4,2 millions en 2015. « Un plan d'économies (de 700 000 ndlr) a été annoncé en début d'année, en raison des ventes qui étaient inférieures aux attentes, notamment dans le domaine du pétrole qui a chuté », explique Jean-Marc Bally, qui rappelle que la société compte parmi ses clients une filiale de l'exploitant CGG. « Dans cette industrie, les temps de développements peuvent être longs et soumis à des aléas, puisque la société vend ses composants à des intégrateurs qui revendent ensuite leur produit à des utilisateurs». Reste que d'après Jean-Marc Bally, Tronics est perçue par Epcos « comme un centre d'excellence dans le domaine des Mems au sein de la région grenobloise ». « Tronics pourra ainsi trouver des relais de croissance et un accès à de nouveaux marchés grâce à TDK. Car l'une des qualités du groupe japonais est de pouvoir projeter une vision technologique à long terme », estime-t-il. De son côté, TDK pourrait utiliser le portefeuille de produits de la société iséroise pour consolider son offre existante, avec la possibilité de développer un modèle intégré comme celui de l'équipementier Bosch. Reste qu'avant de pouvoir être émise, l'offre doit d'abord recevoir l'approbation du Ministère des finances, « Tronics ayant des composants considérés comme sensibles », rappelle M. Bally.