L’année 2025 devrait signer le retour à la rentabilité pour Charlet, l’entreprise emblématique de Bois-Grenier (Nord). Repris depuis 2022 par son directeur général et une partie des salariés, le grossiste en fruits, légumes et produits de la mer, qui déploie également une activité de transport, est en passe de réussir son retournement. Si Charlet (53 M€ de CA 2024, 200 salariés) était au bord de la liquidation au moment de la reprise, les efforts menés ont permis de rattraper, en trois ans, 15 ans de sous-investissement, se félicite Stéphane Jean Baptiste, le dirigeant de la PME de 200 salariés.
"Nous avons revu l’ensemble des process, optimisé l’existant au niveau RH et foncier, défini des KPI, et investi pour des gains opérationnels et commerciaux, notamment en renforçant l’équipe. Les résultats sont en hausse depuis trois ans, et 2025 devrait nous voir retrouver la rentabilité", souffle le dirigeant. Sur les deux dernières années, Charlet affiche une croissance de son chiffre d’affaires de 17 % pour ses activités primeurs et de 58 % en marée, pour un total de 53 millions d’euros. Dans le détail, Charlet, la partie primeur pèse 35 millions d’euros, Norocean, la marée, 12 millions d’euros, et Houssoye Transports, 6 millions d’euros.
Objectif 2029
Mais Stéphane Jean-Pierre et les 70 salariés engagés à ses côtés au capital de l’entreprise, à hauteur de 20 %, ne comptent pas s’arrêter là. Le dirigeant s’est fixé pour objectif d’atteindre les 70 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2029, en continuant à développer ses trois expertises.
Sur les fruits et légumes d’abord, Charlet, qui travaille en partenariat étroit avec quelque 90 producteurs, compte pousser l’avantage régional. "Les Hauts-de-France sont la 2e région maraîchère de France. Nous allons sortir des limites régionales pour aller vendre ces produits à d’autres grossistes, dans toute la France. Nous pourrons notamment nous appuyer sur notre filiale de transport de produits frais pour atteindre ces nouveaux marchés", pose Stéphane Jean Baptiste.
En parallèle, la PME va capitaliser sur son atelier de conditionnement de produits de la mer, "un atout très différenciant dans notre métier", pointe son dirigeant. Les équipes de Norocean préparent et mettent en barquette des produits venus de Boulogne-sur-Mer, avec un succès grandissant : les volumes ont augmenté de 50 % en trois ans. "Nous avons une taille intéressante pour les petits supermarchés, qui veulent proposer de la marée fraîche en libre-service à leurs clients, mais dans des volumes qui n’intéressent pas les grands grossistes du Boulonnais. Nous sommes en quasi-saturation à l’atelier," analyse le dirigeant.
Investir pour grandir
Des investissements vont donc être nécessaires. L’atelier de Norocean va être modernisé, de nouvelles machines permettront de gagner en productivité. Charlet va également réfrigérer les 40 % de son entrepôt de 10 000 m² qui ne sont pas encore à température dirigée, pour pouvoir y stocker davantage de marchandise. Le tout représente quelque 800 000 euros d’investissement, mais pas question de prendre des risques inconsidérés. "La conjoncture n’est pas rassurante, et nous sommes sur un marché très météo-dépendant, en amont comme en aval. L’année 2024 a été plus compliquée que prévu, et même si nous avons une belle croissance, on ne sait pas ce que 2025 nous réserve. Je tiens donc à préserver la trésorerie de l’entreprise ; nous sommes à la recherche de solutions externes pour financer ces investissements", pose le dirigeant.