Alors que le vote sur la loi qui concerne le travail le dimanche a été repoussé en janvier à l'Assemblée nationale, les commerçants isérois sont globalement contre. Tous les syndicats professionnels s'accordent en effet pour refuser l'extension de l'ouverture des magasins le dimanche en avançant un argument majeur: le porte-monnaie des consommateurs n'est pas extensible. Du coup, ces ouvertures supplémentaires ne se traduiraient pas par une augmentation de leur chiffre d'affaires. «Cinq dimanches par an, c'est bien suffisant, estime Pierre Balme-Blanchon, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) de Grenoble. Augmenter ce chiffre est la porte ouverte à une déréglementation qui ne profite à personne. Il ne faut pas remettre en cause le principe du repos dominical.»
L'alimentaire plus touché
Pour l'UPA Rhône-Alpes, «l'ouverture des grandes surfaces le dimanche représenterait une concurrence frontale, surtout pour les petits commerces alimentaires». La CMA rappelle d'ailleurs que l'Isère compte seulement 7% de petits commerces alimentaires contre 11% au niveau national. Elle ne voudrait donc pas que cette situation se dégrade encore plus. Pour René Vial, le président de la fédération des groupements commerciaux du Nord-Isère, «l'amplitude d'ouverture des petits commerçants est déjà très importante pour ne pas en rajouter. Il faut bien qu'ils aient un jour de repos hebdomadaire!» «Porter l'ouverture à huit ou neuf dimanches, contre cinq aujourd'hui, me paraît un bon compromis pour concilier les intérêts de chacun, estime pour sa part Patrick Jamet, président du syndicat d'ameublement de l'Isère et directeur de Roche Bobois à Saint-Égrève. Mais pas au-delà car, ouvrir à perte, ce n'est intéressant pour personne.»
Les commerçants isérois sont massivement contre l'extension de l'ouverture des commerces le dimanche.