Le groupe de BTP Trabet (150 collaborateurs environ, 110 M€ de CA), implanté à Haguenau (Bas-Rhin), a organisé, vendredi 6 juin, à l’attention des médias une visite du chantier de sa future centrale d’enrobage mobile. Celle-ci devrait s’installer, fin juin, dans la zone industrielle de Bourogne (Territoire de Belfort) afin de procéder à la réfection d’un tronçon de 20 kilomètres sur l’autoroute A36, entre Belfort et Montbéliard (Doubs), sous le giron du concessionnaire Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR).
Opposition d’un collectif de riverains et d’élus
Faisant l’objet d’une consultation publique, ouverte jusqu’au 16 juin, avant que la préfecture du Territoire de Belfort ne se prononce, ce projet rencontre actuellement l’opposition d’une partie des habitants et élus de Bourogne et des communes avoisinantes de Morvillars, Méziré et Allenjoie, réunis au sein du collectif EcoVigie 2.
Le collectif a récemment lancé une pétition en ligne, ayant recueilli près de 500 signatures, pour protester contre d’éventuelles nuisances sonores, car le renouvellement de couche de roulement de l’A36 devrait s’effectuer de nuit, et par crainte d’une pollution de l’air. Une journée d’action est également prévue le 10 juin.
Deux phases de travaux nocturnes prévues en 2025 et en 2026
La réfection du tronçon autoroutier doit s’effectuer en deux phases. La première est prévue cet été jusqu’à la mi-septembre et la seconde devrait démarrer en 2026 à une période encore inconnue et qui reste à déterminer par APRR.
Dans l’intervalle, Trabet s’engage à effectuer un repli partiel des équipements de sa centrale d’enrobage mobile en laissant uniquement cinq silos de stockage sur un site situé à plus de 300 mètres des premières habitations de Bourogne et à moins de 7 kilomètres du chantier autoroutier afin de réduire les flux des engins.
Un chantier valorisé à 20 millions d’euros
Mise en service en 2021, la centrale appelée à être déployée fonctionne au gaz de pétrole liquéfié (GPL), "garantissant l’absence significative d’oxydes de soufre et limitant drastiquement les émissions de particules fines", selon la direction de Trabet, qui précise que "les poussières sont captées par un filtre à manches, garantissant une concentration inférieure à 50 mg/m³" à l’aide d’une technologie dite « basse température » qui limite les nuisances olfactives.
Si, au terme de la consultation publique, la société alsacienne obtient le feu vert des services de l’État, elle envisage d’autres visites de site afin de rassurer le voisinage. "Depuis plus de dix ans, nous avons réalisé plus de 50 opérations autoroutières majeures sans aucun dépassement réglementaire constaté par les autorités compétentes", précise Trabet.
Valorisé à 20 millions d’euros, ce chantier de réfection de l’A36 doit concerner 60 salariés de l’entreprise bas-rhinoise et à peu près autant de personnel du côté de ses sous-traitants.