Le 16juin dernier, le Comité départemental du Tourisme de Seine-Maritime faisait état du rapport d'activité 2009 ainsi que des tendances de la saison 2010. L'occasion de découvrir la nouvelle stratégie touristique départementale. «Nous entrons dans une phase touristique forte avec Normandie Impressionniste, un festival qui doit concourir à la renommée de notre territoire et amener d'importantes retombées économiques», explique Didier Marie, président du département de Seine-Maritime qui pose comme porte drapeau de la saison touristique ce nouveau festival. Le président du Département 76 voit cette filière comme un secteur à part entière: «Nous avons un potentiel considérable, sous-exploité mais réel: diversité des paysages, richesse culturelle forte, une histoire et des habitants qui font preuve de savoir-faire et de talents. Il faut valoriser ce potentiel et développer l'emploi».
La stratégie touristique
En Seine-Maritime, la filière tourisme c'est un chiffre d'affaire de 600M€ par an et 30.000 emplois directs, soit 7% de la population active. Pour développer ce secteur, le Département a mis en place les ambassadeurs du 76: «Des acteurs locaux mobilisés qui souhaitent faire connaître le département et ses richesses». Mais surtout, une stratégie en trois axes a été développée par le Département et le Comité départemental du Tourisme autour du renforcement de l'image de la Seine-Maritime et de la définition d'une identité claire s'appuyant sur le littoral, la Seine et la campagne: «Derrière ces destinations il faut développer des images, des concepts et des produits». Deuxième axe stratégique, le développement d'une offre attractive, facilement consommable, qui cible les ménages habitants dans un rayon de 150 à 200km du département, soit: l'Ile de France, le nord de la France, le Benelux et le sud de l'Angleterre. «Une clientèle qui recherche des possibilités de courts séjours qualitatifs; c'est pourquoi nous travaillons au renforcement de l'offre d'hébergement et sur des offres qui allient nature et culture», précise Didier Marie. Dernier axe de la stratégie touristique du département, une offre maillée et structurée pour que chaque point d'accueil puisse renvoyer sur les autres points d'accueil. «Notre souhait, c'est le développement du tourisme au regard de son intérêt économique et, en même temps, que cela concourt au sentiment d'appartenance du territoire et à la qualité de vie. Il n'y a pas de meilleurs ambassadeurs d'un territoire que ses habitants».
La mission du CDT
«Bras armé du Département en matière de Tourisme», selon Jean-Yves Merle, président du Comité Départemental du Tourisme (CDT), l'organisme a vu son budget doubler pour la mise en place de son cinquième plan. Si celui-ci s'appuie, tous les cinq ans, sur l'Armada, Normandie Impressionniste semble un vecteur de communication de choix pour faire connaître le département en national et à l'international: «Cela va dans le sens d'une nouvelle image du département». Directeur du CDT, Jean-François Santais rappelle la nécessité de faire travailler en commun tous les acteurs: «Le tourisme se mesure à son maillon le plus faible», d'où la volonté d'impliquer les habitants et les acteurs socio-professionnels: «C'est l'ensemble des acteurs qui font le produit touristique». Pour compléter son action, le CDT a mis en place une politique de e-tourisme via des applications Smartphones: «Cela permet la mobilité touristique. Un site web attractif est aussi indispensable pour rendre le territoire lisible et facile à consommer». Autre réflexion engagée, la création de clubs filières pour réfléchir aux problématiques de chacun. «Nous sommes le 24e département touristique de France avec 12,5millions de nuitées par an et nous sommes 12e pour les courts séjours. Notre chance, c'est d'avoir du tourisme sur les quatre saisons».
Le festival Normandie Impressionniste a lancé une saison touristique estivale prometteuse pour une région qui veut faire du tourisme un véritable moteur économique. Avec l'ouverture en avril dernier du premier hôtel quatre étoiles de la ville, Rouen commence à se mettre au niveau des grandes métropoles françaises. LeHavre parviendra-t-elle, selon le voeu de Jacques Attali à devenir la Capitale européenne de la culture en 2020?
Dossier réalisé par Sébastien Colle et Guillaume Ducable.