L’économie azuréenne ne fait pas exception. Il y aura bien un avant et un après attentat. Si au premier trimestre 2016 tous les indicateurs étaient orientés à la hausse (CA : +1% / Export : +2% / Emploi : + 0,5%), « le 14 juillet est venu stoppé la dynamique positive observée », analyse Jean-François Agostini, directeur d’appui aux entreprises et territoire de la CCI NCA. Les premiers touchés ? Les commerces de proximité et l’hôtellerie-restauration qui ont perçu, à 60%, une baisse d’activité après l’attentat. En atteste d’ailleurs le taux de fréquentation touristique sur août (-8%) et de son chiffre d’affaires associé (-20%).
Tam-Tam médiatique
Pour enrayer la chute, la réaction a été immédiate, matérialisée par un plan de relance d’1M€. « Il s’agissait de créer un contre-choc émotionnel en s’appuyant sur les prescripteurs, visiteurs et azuréens, invités à partager sur les réseaux sociaux des images positives de la Côte d’Azur », explique David Lisnard, président du CRT 06. Intitulée #CotedAzurNow, l’opération a été lancée le 12 août et visait les 100.000 partages à la fin septembre. Avant de s’effacer progressivement pour laisser place à d’autres campagnes virales, comme #ILoveNice initiée par la Métropole NCA. Si les réseaux sociaux sont le medium privilégié pour cette première phase de reconquête, c’est parce que 80% des décisions et achats touristiques se font sur internet. Ce qui explique ce tam-tam médiatique savamment orchestré jusqu’à la fin de l’année pour gommer l’image négative de la destination. Puis viendra le temps des actions marketing et commerciales directes, préparées en amont par l’accueil d’influenceurs et tours opérateurs internationaux avec le soutien d’Atout France.
Solidité du tourisme d'affaires
En attendant, la Côte d’Azur panse ses plaies, aidée en cela par une météo bienveillante et un tourisme d’affaires qui démontre une fois de plus sa solidité. « Sur ce segment, nos parts de marché ne se détériorent pas », assure Michel Chevillon, président de l’UMIH 06. En témoigne les tendances de fréquentation pour septembre (-6%), octobre (-3%) et novembre (en progression). A condition toutefois que les événements sportifs et culturels programmés, moteurs essentiels du tourisme azuréen, le restent. Après l’annulation du championnat d’Europe de cyclisme sur route (prévu pour septembre), celle du triathlon de Nice (octobre), le maintien du Marathon Nice-Cannes a été particulièrement bien accueilli par les professionnels du secteur qui étaient montés au front pour le soutenir.
Une décélération fragile
Car la décélération observée n’enlève rien aux difficultés à venir, les professionnels n’ayant pas pu reconstituer leur trésorerie cet été. Au 14 septembre, ils étaient 104 à s’être manifesté auprès du guichet unique post-attentat pour solliciter notamment des reports d’échéances sociales et fiscales. « Des entreprises niçoises à 74%, des hôtels, restaurants et commerces de proximité de toute taille », rapporte Jean-François Agostini. A cet égard, deux fonds exceptionnels, dotés d’un total de 2 M€, ont été mis en place pour leur venir en aide. Ils sont gérés par la chambre consulaire azuréenne.