Toupret a réalisé en 2016 un chiffre d'affaires de 55 millions d'euros. En 2021, le fabricant d'enduits de préparation des murs entend bien en réaliser 80. Pour atteindre sa cible, son nouveau directeur général, Gary Haworth, a construit une stratégie offensive, assortie d'un plan d'investissements de l'ordre de 20 millions d'euros d'ici à 2021. Plan qui pourrait concerner le site d'Estivareilles dans la Loire (20 salariés).
« J'ai inscrit des lignes de crédit pour Estivareilles, notamment pour de la production et du conditionnement mais tout dépendra de la vitesse de développement des ventes en France d'un côté, et en Europe de l'Est de l'autre. Nous mettrons les moyens là où le potentiel sera le meilleur », prévient Gary Haworth.
Toupret, créé par Désiré Jardin en 1938, dispose de quatre sites de production : son usine historique de Corbeil-Essonnes spécialisée dans la fabrication d'enduits poudre, le site ligérien repris il y a une dizaine d'années et focalisé sur la fabrication d'enduits "pâtes", puis une filiale en Espagne et enfin une joint-venture au Liban. Toupret s'appuie également sur deux partenaires de fabrication en Afrique du Nord. Toupret réalise aujourd'hui 60 % de son chiffre d'affaires avec les professionnels, le reste auprès des particuliers via notamment le réseau des grandes surfaces de bricolage. L'entreprise souhaite opérer un rééquilibrage en accentuant son ancrage chez les professionnels grâce notamment à un programme de formation, de communication et de fidélisation.
Faire 40 % à l'export
Axe de développement prioritaire entre tous de ce plan de marche pour 2021, l'international. En témoigne d'ailleurs le recrutement à la direction générale, par la famille Jardin toujours actionnaire majoritaire de l'entreprise, de cet Anglais qui a navigué presque 20 ans entre la France et le Royaume-Uni pour le compte de Black & Decker. 25 % des ventes de Toupret se font aujourd'hui à l'export. Gary Haworth vise les 40 %. « Nous avons déjà 40 % de parts de marché en France, notre notoriété est très forte. Pour grappiller de nouveaux contrats sur le territoire national, il faut vraiment transpirer ! ».
L'industriel va donc renforcer les équipes de ses filiales étrangères, notamment en Angleterre et en Europe de l'Est. Deux zones où le potentiel de croissance est alléchant. Cette volonté expansionniste se couple d'un repositionnement produit et d'un réajustement de la cible. « Jusqu'ici, nous étions plutôt considérés comme des spécialistes de l'enduit poudre. Nous faisons de la pâte à Estivareilles mais en petits conditionnements. Il y a un marché pour les gros volumes, avec l'enduit à projeter, en particulier avec les professionnels. C'est pour ce marché que le site d'Estivareilles bénéficiera peut-être d'investissements mais il faudra déterminer si le site est suffisamment compétitif pour les gros chantiers de rénovation d'Europe de l'Est que nous visons avec ces nouveaux conditionnements d'enduit à projeter ».
La chasse aux coûts
Afin de financer en partie ce plan, Gary Haworth mise sur l'amélioration de la rentabilité de l'entreprise d'au moins quatre points (résultat net non communiqué). « Avec l'équipe de sourcing, nous avons mis au point un programme de "cost killer". Chaque élément de l'entreprise va être examiné pour être optimisé. Tout est susceptible d'être remis en cause. Nous avons besoin de ces points de rentabilité pour financer notre offensive ! ».