Y aura-t-il, demain, un Fablab dans chaque quartier de Toulouse ? C'est en tout cas ce à quoi aspire Artilect, l'association à l'origine du Fablab toulousain, précurseur en France de ce système importé des Etats-Unis - plus précisément du prestigieux Massachusetts Institute of Technology. L'eau a coulé sous les ponts depuis la création d'Artilect dans la Ville rose en 2009 : des dizaines de Fablabs ont surgi sur le territoire national, tandis qu'Artilect Fablab se structurait tout en prenant de l'ampleur. Aujourd'hui, 870 personnes (étudiants, particuliers avertis et acteurs professionnels) ont adhéré à l'association, qui se déploie dans le quartier Patte-d'Oie, au sein d'un atelier de 450 m² avec à disposition huit machines d'impression 3D, deux machines de découpe laser, un fraiseur numérique, un Bio Fablab et des postes de travail électroniques et informatiques. « Le nombre d'adhérents, après une forte croissance, s'est stabilisé depuis un an », tempère Nicolas Lassabe, co-fondateur d'Artilect qui emploie trois salariés. Nous avons probablement récupéré tout le public intéressé aux alentours... Il nous faut aller plus loin, permettre à plus de gens d'utiliser le Fablab ! »
Le projet FabCity sur Toulouse Métropole
La solution, recouverte par le nom de projet FabCity, réside dans la duplication du Fablab dans chaque quartier. « Notre objectif serait de faire émerger entre dix et quinze Fablabs à l'échelle de Toulouse Métropole », souligne Claude Soria, coordinateur du Fablab Festival. Le modèle doit encore être affiné : il faut des porteurs de projet, s'appuyer sur des particuliers et des associations, à la manière du Fablab toulousain qui n'a pas été issu d'une collectivité ou autre institution mais a été le fruit d'un processus "bottom-up ". « Le modèle économique ne sera pas le même pour tous, renchérit Nicolas Lassabe. Mais il faudrait que la moitié au moins soit capable de s'autofinancer comme nous, pour être autonome. » Barcelone et Sao Paulo l'ont fait, Rennes et Montreuil prennent ce chemin également. Une manière de toucher un public élargi et de mutualiser les projets autour de la fabrication numérique.
Ce rôle fédérateur, Artilect va également le déployer à plus grande échelle, lors du Fablab Festival hébergé du 6 au 10 mai dans le hangar de 4.000 m² jouxtant ses locaux. Quarante Fablabs français, dix Fablabs étrangers, plus de 3.500 visiteurs sont attendus lors de ce grand raout qui proposera tables rondes, workshops, présentations de start-up, conférences et ateliers. « Ce sera l'occasion de structurer le réseau des Fablabs français, argumente Claude Soria. On souhaiterait qu'une organisation se crée, avec un représentant par Fablab. »
Flylab, un nouvel espace pour les dronistes
Ce festival donnera d'ailleurs l'occasion à Artilect de lancer son Flylab, un espace dédié aux dronistes, qui pourront utiliser les machines d'impression 3D, le matériel électronique, etc. et faire voler leurs robots volants. Une nouvelle compétence à l'arc déjà bien solide d'Artilect, qui est épaulé sur ce sujet par un Flylab déjà existant (à Paris) et travaille également avec la DGAC sur les problématiques de réglementation. Après un chiffre d'affaires de 115.000 euros en 2014, Artilect prévoit un exercice similaire en 2015, amélioré de quelque 10 %. Mais l'association pourra aussi compter sur l'activité de la toute fraîche société Artilect Lab, mise sur pied à la fin de l'année dernière pour s'adresser spécifiquement au monde de l'entreprise.
Artilect
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> Artilect Lab : la fabrication numérique pour les pros
Un bracelet communiquant développé pour mieux travailler avec du personnel malentendant : ERDF en a eu l'idée, Artilect Lab en a réalisé plusieurs prototypes. La pré-industrialisation de ce bracelet est prévue d'ici à cet été. Premier succès de cette SAS créée en octobre dernier, grâce aux 180.000 € gagnés via l'appel à projets Fablab Pro du ministère du Redressement productif. L'association Artilect en est l'actionnaire principal (30 %), les autres actionnaires étant l'espace de co-working La Serre et des personnes physiques dont l'actuel président, Xavier Crouilles. L'idée : « Envoyer un message clair aux professionnels avec cet outil adapté au monde de l'entreprise, doté d'une volonté de démocratiser la fabrication numérique. » La société qui emploie aujourd'hui cinq ETP porte une triple mission. « Nous proposons des parcours de formation - en cours de montage - autour de la fabrication numérique et de ses outils, énumère Xavier Crouilles. Nous voulons aussi accompagner les entreprises sur le développement d'un projet, du cahier des charges au prototype, comme nous l'avons fait pour ERDF. Et nous portons des projets de R&D collaboratifs autour des nouveaux usages et technologies de fabrication numérique. » À l'instar de Poult, avec qui Artilect Lab travaille sur l'impression 3D de biscuits. Un autre projet va être lancé sur l'impression 3D béton, en collaboration avec des pré-fabricants du BTP, des bureaux d'études d'architecture et d'un expert en formulation béton. Le premier chiffre d'affaires de la société, clôturé fin 2015, est estimé à 200 K€.