Toulouse : De nouveaux business grâce à l'utilisation des données satellitaires
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Toulouse : De nouveaux business grâce à l'utilisation des données satellitaires

L'utilisation des données satellitaires ouvre la voie vers de nouveaux business. Des PME locales sont déjà à la conquête de ces marchés de niche qui exigent haute technologie et ciblage des usages de demain.

Où le spatial n'intervient-il pas aujourd'hui ? Lionel Suchet, directeur adjoint au Cnes prédit une présence des applications spatiales « dans toutes nos vies, dans tous les domaines. » Même pronostic pour Anne Chanié, responsable innovation et développement, traitement d'image et géospatial chez CS (Société de conception et intégrateur de systèmes critiques) : « Les dernières évolutions technologiques dans le domaine permettent l'émergence de nouveaux marchés. »

Un marché à 100 milliards

En tant que pilote du domaine d'activités stratégiques NPTO (navigation, positionnement, télécommunications observations) d'Aerospace Valley, Anne Chanié repère et fédère les business liés à l'utilisation des satellites. Ces activités sont axées sur trois services: es télécommunications, la navigation et l'observation.
La fédératrice de projets sur ce thème estime le marché modial à 100 milliards de dollars. A Toulouse, l'institut InSpace a été créé fin 2014 pour promouvoir des services utilisant les technologies spatiales auprès des collectivités locales et des gestionnaires publics. Pour s'adapter à cet immense potentiel qu'offre le spatial, Lionel Suchet a annoncé la création d'une "Direction de l'innovation, des applications et de la science" au Cnes en 2016 avec notamment un service destiné à l'aide au développement des services utilisant des données spatiales.

E-santé et physiologie spatiale
Laurent Braak est à la tête du GIE Medes qui emploie 25 personnes. Après 25 années d'existence, l'entreprise affiche un CA de 3 M€ avec trois activités : support opérationnel aux agences spatiales avec le suivi de la physiologie spatiale, recherche clinique (exemple : mise en place d'un modèle de simulation d'alitement), et ingénierie avec le développement de services satellites (exemple : mise en place d'un réseau de télémédecine en Guyane). L'entrepreneur observe qu'il est le seul organisme qui ait choisi de collaborer avec un hôpital, en l'occurrence le CHU de Toulouse.

Géolocalisation et radio
Navocap est une PME de 40 personnes (CA : 4,5 M€), dirigée par Edgard Antoine et qui met en place des solutions d'aide à la mobilité. « Nous nous focalisons sur des marchés de niches : équipement de navigation pour le milieu militaire, les transports publics (transport interurbain : gestion des flottes de bus) et enfin la R & D qui est un business à part entière » explique-t-il. La stratégie de l'entrepreneur : « Savoir déceler des marchés de niche avec des barrières à l'entrée élevées et impliquant de la valeur ajoutée. » La filiale de CLS Novacom Services est dans le même créneau avec la mise à disposition d'outils de géolocalisation notamment pour des organismes humanitaires : l'OMS ou l'UNHCR recherchent un très haut niveau de connectivité pour assurer la mobilité de leurs équipes dans des zones à risque.

Surveillance et prévention

Laurent Augier, directeur projet au pôle Agri Sud-Ouest Innovation applaudit les bienfaits des informations satellitaires pour une meilleure surveillance et donc productivité des agriculteurs. Un hic, le prix des équipements encore trop élevé. L'observation des mouvements de la terre, des animaux, des bateaux ouvre à des marchés liés à la sécurité et à la surveillance. La société CLS a déjà gagné une réputation mondiale dans ce domaine. Anne Chanié voit un autre marché émerger, celui de la synchronisation des données : « Il faut arriver à fédérer tous les acteurs vers une ou plusieurs plates-formes qui synchroniseraient le segment spatial et le segment utilisateur. » Le brainstorming a déjà commencé... Il faut maintenant concrétiser.

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