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Toulouse Aerospace : Une plateforme d’essais d’impacts à la pointe de l’innovation
Toulouse # Aéronautique et spatial # Innovation

Toulouse Aerospace : Une plateforme d’essais d’impacts à la pointe de l’innovation

Sa mission est "scientifique, technologique et industrielle". L’Institut Clément Ader, Airbus et l’IRT Saint Exupéry ont signé début mars un accord de collaboration concernant la nouvelle plateforme Stimpact, dédiée à la simulation et aux essais d'impacts sur matériaux.

Dans une salle de l’Institut Clément Ader (ICA), sur le site de Toulouse Aerospace à Montaudran, trois canons (lanceurs à gaz) de différents diamètres peuvent aujourd’hui simuler tous les types d’impacts rencontrés en aéronautique : oiseaux, graviers, grêlons… et bientôt les nouvelles menaces comme les drones. Si le premier canon date des années 2000, développé sur le campus de l’Isae-Supaero, les deux autres canons sont arrivés en 2016 – dont l’un acheté au laboratoire de physique des chocs Thiot Ingénierie (Lot) à hauteur de 180 000 euros. Au-delà de ces moyens dédiés aux impacts, la nouvelle plateforme Stimpact propose des moyens de simulation et des essais avancés grâce à des prises de vues par caméras ultra-rapides associées à des logiciels. Ce serait, d’après Philippe Olivier, directeur de l’ICA, « l’outil le plus performant en matière d’essais d’impacts en Europe ».

Des moyens mutualisés

Aux manettes, quatre acteurs qui ont décidé de mutualiser leurs moyens : l’Isae-Supaero, l’Université Toulouse 3 –Paul Sabatier (deux tutelles de l’ICA), Airbus et l’IRT Saint Exupery. « En plus des expérimentations de tirs, la recherche se porte sur la production des matériaux et structures à impacter (composite et sandwich), sur la simulation ; souligne Philippe Olivier. Et il y une activité naissante sur la réparation de matériaux composites après impact. »

Airbus veut gagner du temps et innover

Côté Airbus, on apprécie une plateforme qui permettra de réduire les coûts et les délais liés à la certification de l’avion, grâce à la simulation. « Nous voulons gagner 20 à 30 % de délais de certification, qui sont aujourd’hui de six à sept ans pour un avion civil, explique Didier Guedra-Degeorges, vice-président d’Airbus Group Innovations. Le second objectif pour l’avionneur est plus prospectif : « développer de nouveaux matériaux pour protéger le radôme (pointe avant de l’avion), les pare-brises, les bords d’attaques de l’aile, et envisager les nouvelles menaces d’impacts comme les drones. »

Pour l'aéronautique mais pas seulement

Cette plateforme est ouverte à toute entreprise extérieure, à l’instar de celles qui planchent au sein du projet de R&D collaboratif SAMBA (Stelia, Ateca, Nimitech, etc.) dont l’objectif est d’améliorer la résistance des structures d’aéronefs face aux chocs d’oiseaux. Les secteurs d’application s’ouvrent d’ailleurs au-delà de l’aéronautique, vers les systèmes terrestres (trains, voitures). « C’est un outil très souple pour l’industriel qui va lui permettre de chercher de l’innovation sur une échelle réduite, intervenir plus tôt dès la conception », argumente le professeur Jean-François Ferrero de l’ICA et l’Université Paul Sabatier.

Plus de 700 000€ investis depuis les années 2000

Cette plateforme concrétise une vingtaine d’années de recherche collaborative sur cette thématique dans la région, totalisant plus de 700 000 euros d’investissements de la part des différentes parties prenantes. Une quinzaine de personnes y travaillent en permanence, pour le compte de l’ICA, de l’IRT et d’Airbus.

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