Tofer : La PME s'implante pour la première fois à l'international

Tofer : La PME s'implante pour la première fois à l'international

Pour offrir à ses clients du secteur oil & gas une plus grande proximité avec les marchés d'Europe de l'est, Tofer ouvre une filiale en Roumanie. En parallèle, l'entreprise de mécanique de précision travaille à reconquérir des parts de marché dans l'aéronautique.

Georges Tomas est de ces patrons que l'on voit peu dans les médias. Un peu parce qu'il croit que pour vivre heureux, mieux vaut vivre caché. Surtout parce que sa modestie l'empêche de voir en quoi son entreprise de mécanique de précision et procédés spéciaux peut intéresser des journalistes. À force de discussion - parce que bien que discret, l'homme est bavard ! - on apprend pourtant que l'entreprise familiale dont cet autodidacte est propriétaire depuis dix ans, s'apprête à ouvrir une filiale en Roumanie. Et qu'elle prévoit entre 3 et 4 M€ d'investissements matériels sur trois ans. Sans compter le terrain qu'elle achète pour agrandir ses locaux d'Escalquens... Si Tofer est aussi peu connue en région, c'est sans doute parce qu'elle travaille aujourd'hui à 70 % pour le secteur de l'oil & gas et que ses clients sont majoritairement à l'international (50 % de son chiffre d'affaires) : aux États-Unis, au Canada, au Mexique, au Brésil, au Moyen-Orient, en Écosse, à Singapour, etc. « C'est bien simple : partout où il y a du pétrole, Tofer exporte », sourit le dirigeant, pointant du doigt la carte du monde punaisée dans son bureau.




La production roumainepourrait débuter au 1er janvier

Pour répondre à la demande de ses clients - du continent américain surtout - de se rapprocher des marchés d'Europe de l'est, la société Tofer a pris une décision à laquelle elle réfléchissait depuis longtemps. « La plupart de mes concurrents en France (situés en Rhône-Alpes surtout, ndlr) ont franchi le cap avant moi. C'est le moment de donner à Tofer une notoriété internationale », juge Georges Tomas. Sa première implantation à l'étranger se fera en Roumanie : « J'ai identifié un bâtiment qui pourrait permettre de démarrer la production de pièces au 1er janvier prochain. Reste à trouver un directeur d'usine franco-roumain pour s'en occuper. » Un investissement initial entre 500.000 € et 1 M€ devrait permettre de lancer l'activité avec une dizaine de personnes, l'objectif de Tofer étant de faire tourner une structure de 30 personnes d'ici à trois ans. « La finalité de cette usine n'est pas de délocaliser notre production française », insiste Georges Tomas, qui espère que cette implantation au coeur des marchés de l'est « amènera du business supplémentaire » aux sites d'Escalquens et Béziers (où se situe MCI, filiale d'une trentaine de personnes). La maison-mère de Tofer, située dans la zone de Bogues à Escalquens, est d'ailleurs sur le point de s'agrandir. « Notre point faible, c'est d'être ici à l'étroit alors que l'on fabrique de grosses pièces. Nous sommes donc en train de racheter un terrain annexe, pour construire 1.000 m² en plus des 3.500 m² actuels et ainsi améliorer les flux de production, notamment pour l'activité aéronautique. »




4 M€ investis sur trois ans

Si Georges Tomas table sur une mise en service de l'extension d'ici six à huit mois, il va lui falloir d'ici là procéder à une réorganisation de l'existant, pour pouvoir installer de nouvelles machines. Sur trois ans, les investissements matériels de la société Tofer devraient en effet approcher les 4 M€ : « Nous comptons par exemple développer le shot peening, une technique de projection de billes d'acier par grenaillage qui intéresse l'aéronautique vers lequel nous voulons davantage nous tourner, en même temps que d'autres secteurs, dont l'oil & gas. » Un secteur aéro loin d'être étranger à Tofer : s'il pèse aujourd'hui 20 % de son chiffre d'affaires, il a, par le passé, fait la renommée de l'entreprise familiale. « Avant de créer Tofer en 1966, mon père travaillait chez Dassault et son associé était issu de l'aéro. Leur petite entreprise artisanale de mécanique de précision a très vite acquis une certaine notoriété dans l'aéro, jusqu'à atteindre une quarantaine de personnes dans les années 80. C'est là que Tofer a commencé à faire un peu de business avec l'industrie du pétrole et y a pris goût. Au milieu des années 90, mon père a beaucoup investi pour se développer dans ce secteur, notamment en se dotant d'un système HVOF permettant le revêtement de carbure de tungsten par projection thermique. Force est de constater qu'il a eu le nez creux car, des années plus tard, lorsque l'industrie aéro a décidé d'arrêter le chrome au profit du carbure de tungsten, nous étions les seuls à être qualifiés sur cette technique. » Symbole de la volonté de Georges Tomas de faire son retour dans l'aéronautique : sa présence au Bourget en juin. « Nous pensons que nous avons des savoir-faire susceptibles d'intéresser les donneurs d'ordres de ce secteur mais nous y allons très modestement et n'excluons pas la possibilité de rapprochements. » Tofer devrait clôturer son exercice 2013 avec un chiffre d'affaires consolidé de 13 M€ et 600.000 € de résultat net : « Un record », admet humblement le dirigeant.

Tofer SAS



(Escalquens) P-dg : Georges Tomas 90 salariés entre Escalquens et Béziers CA consolidé 2013 : 13 M€ 05 34 66 72 60 www.tofer.fr