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Thierry Alvergnat : « La province a une longueur d'avance et doit en profiter »
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Thierry Alvergnat : « La province a une longueur d'avance et doit en profiter »

La filière numérique en Rhône-Alpes a su se structurer. Aujourd'hui, elle doit continuer à profiter des domaines de compétences de chaque territoire. Décryptage de Thierry Alvergnat, directeur général du Clust'R numérique.



Comment les clusters permettent-ils à Rhône-Alpes de se distinguer dans le domaine du numérique ?

Depuis 2008, avec la naissance du cluster lyonnais Edit qui a fusionné début mai avec le GRILOG (Grenoble Isère Logiciel) pour donner naissance au Clust'R Numérique, nous portons l'ambition de faire reconnaître la qualité du tissu économique de Rhône-Alpes notamment dans le domaine du numérique. En parallèle, pour fédérer les acteurs de notre secteur, nous nous retrouvons régulièrement pour échanger de bonnes pratiques. Nous avons donc suivi pas à pas la transformation numérique des entreprises et pris conscience du réel potentiel des adhérents. Au niveau international, nous n'avons pas à rougir de la qualité de nos entreprises.


Est-ce que le label FrenchTech a dopé la visibilité de Rhône-Alpes ?

Bien sûr. Et nous avons pu le constater notamment au CES de Las Vegas où nous avions la plus importante délégation française. Le label et même au-delà de la récompense, le travail à l'obtention du label nous a poussés à fédérer notre écosystème. L'enjeu collectif a mobilisé les entreprises et les a poussées à travailler plus efficacement ensemble. En outre, ce fut aussi l'occasion, à la fois pour les adhérents et pour le Clust'R Numérique, d'identifier de nouveaux partenaires. À l'échelle nationale, les labels ont pu montrer que la province est en ordre de marche. La filière parisienne de son côté n'a pas fait les efforts pour se structurer. Elle estimait mériter le label sans avoir à faire cette démarche. Aujourd'hui, la province a une longueur d'avance et doit en profiter.


En a-t-elle les moyens ?

En Rhône-Alpes, nous avons des dispositifs efficaces, plébiscités par les entreprises. À Paris jusqu'alors aucune démarche ne s'est intéressée aux dynamiques régionales. Ni à l'intérêt de leur donner de l'ampleur. Avec FrenchTech, on peut espérer que les lignes vont bouger, que nos initiatives seront mieux identifiées.


L'enveloppe financière pour FrenchTech reste relativement faible. Quel est votre avis sur cette question ?

FrenchTech n'est qu'une marque avec le pouvoir d'une marque et aussi ses limites. Seule la bonne volonté des acteurs du numériques est en mesure de faire vivre cette marque. En parallèle, il ne faut pas oublier que les collectivités locales mettent des moyens en direct pour faire vivre ces FrenchTech et par l'intermédiaire des clusters puisqu'elles sont déjà financeurs de nos structures.


Quelles sont les spécificités de Rhône-Alpes sur lesquelles nous pouvons capitaliser ?

Le poids du tissu économique lyonnais est indéniablement un avantage pour la Région. Et puis, la complémentarité des territoires reste un atout majeur. Grenoble est très axée sur la R&D avec des entreprises qui ont un ADN technologique fort mais qui parfois sont moins expertes sur les dimensions marketing et communication. À Lyon, au contraire, les entreprises sortent moins de produits technologiques mais disposent d'une capacité à diffuser leur offre. Notre mission maintenant consiste à croiser ces spécificités locales. L'enjeu

de la mondialisation devrait aider. Les villes ne vont pas jouer le label l'une contre l'autre.


Annecy et Saint-Étienne qui vont à nouveau prétendre à l'obtention du label ont-elles un rôle à jouer ?

Tout dépend d'elles. Et du fait qu'elles obtiennent ou pas le label. Si elles l'ont, il faudra repenser l'articulation de l'écosystème. Sinon, une démarche est déjà initiée par Annecy qui s'inscrit dans le sillon de la candidature grenobloise. Pour Saint-Étienne les choses sont plus complexes. Parfois on a l'impression de rejouer le derby même au niveau économique ! Les deux agglomérations sont malgré tout portées par une volonté politique de jouer une partition commune. On l'a vu avec l'abandon d'Atelier visionnaire.

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