Thermie Ouest : La lassitude de Stéphane Baudet
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Thermie Ouest : La lassitude de Stéphane Baudet





Patron de la société Thermie Ouest, Stéphane Baudet peine à financer sa croissance sur un marché, celui des pompes à chaleur, pourtant en plein boom. Les pouvoirs publics et les banques sont en première ligne.


Vous avez fait l'objet, en décembre, de nombreux articles de presse pour montrer la bonne santé de votre entreprise en cette période de crise...

Effectivement, nous ne pouvions que nous réjouir de toutes ces attentions. Thermie Ouest a été créée en 2004 sur le créneau des pompes à chaleur. D'une petite structure comprenant trois salariés, avec une sous-traitance industrielle réalisée en Italie, nous sommes aujourd'hui 56 pour un chiffre d'affaires 2008 de 3,5M€. Nous produisons actuellement 7 installations par jour. Pour honorer toutes les commandes en cours et celles à venir, il va falloir monter en charge. L'idéal serait d'arriver à fabriquer 16 pompes à chaleur par jour pour un CA qui atteindrait 19M€ et 50 recrutements supplémentaires.


Dans quelle logique s'inscrit l'entrée de deux fonds d'investissements dans le capital de l'entreprise?

C'était une nécessité pour financer une partie de cette croissance exponentielle même si les fonds n'ont pas vocation à rester. Je reste d'ailleurs l'actionnaire principal à hauteur de 51%. Bretagne Jeunes Entreprises nous a rejoint en décembre2007, Nestadio un an plus tard.


Pourquoi ne pas faire appel aux banques?

Mais nous le faisons, sans retour positif pour l'instant. Les deux fonds associés sont en contact direct chaque jour avec les banques. Tous les prétextes sont bons pour ne pas prêter. Pourtant, la situation de Thermie Ouest est idéale. Outre un marché des énergies renouvelables porteur, l'entreprise dispose d'un endettement zéro et d'une trésorerie suffisante. Ce combat au quotidien pour rechercher des financements est usant et lassant.


De combien avez-vous besoin?

Pour racheter nos locaux actuels et les agrandir sur 5.500m², il nous faut investir 2,5M€. Pour l'instant, personne ne nous suit. Et ce n'est pas la première fois. Fin décembre, nous avons dû financer sur nos fonds propres l'acquisition de nouveaux équipements. C'est 200.000€ cash en moins sur la trésorerie de l'entreprise.


Et les pouvoirs publics dans tout cela?

Ils sont venus nous voir, ont applaudi nos efforts et puis derrière... plus rien. Le plus navrant est que nous essayons de maintenir une activité porteuse dans les Côtes-d'Armor en créant des emplois. Nous avons par exemple repris 21 personnes suite au plan de départs volontaires de Chaffotaux-et-Maury. En parallèle, nous manquons de soutien pour grandir. Si rien ne bouge, nous n'excluons pas de délocaliser nos activités. Des contacts existent déjà dans les pays de l'Est de l'Europe.

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