Thermador : Le négociant incontournable

Thermador : Le négociant incontournable

Thermador groupe rassemble huit filiales de négoce dans les domaines du chauffage, de la plomberie,etc., sur les marchés de l'eau, de l'industrie et du bâtiment. Ce groupe, coté en bourse, amorce aujourd'hui une nouvelle étape avec un changement de directeur général. Anne-Gaëlle Metzger

«Cela fait quarante ans que tout le monde dit que Thermador ne devrait pas exister mais que la société avance avec une rentabilité étonnante. Je n'explique pas ce succès dans un positionnement précaire, fragile. Nous faisons du commerce: nous achetons, nous vendons. Nous avons un perpétuel problème de positionnement, mais nous avons notre place!» Guy Vincent, président et fondateur du groupe Thermador basé à Saint-Quentin-Fallavier, dans le Nord-Isère, estime que le secret de la réussite est simple: «Une commande passée aujourd'hui est livrée complète chez le client dans les 48heures! Et croyez-moi qu'une livraison complète dans un délai garanti, ce n'est pas si courant...»




Acheter et revendre avec bon sens

Pour ce dirigeant qui va atteindre les 80 ans cette année, «les modes, on s'en fout! Le flux tendu, c'est la plaie; la rupture de stock, c'est le mal absolu. Notre objectif est de ne jamais en avoir. Car un client mécontent, c'est le double de frais. Nous avons pour l'ensemble du groupe 50à 60M€ de stock, soit un peu plus de quatre mois de vente. Si ce stock baisse trop, on court à la rupture, ce que l'on veut éviter à tout prix! Nous ne sommes pas des gens géniaux, mais nous avons du bon sens. Chez Thermador, nous sommes contents quand le soir en partant tout a été traité. Ce n'est pas très difficile d'être un peu meilleur que les autres...» C'est donc sur ce bon sens que le groupe s'est patiemment construit depuis la création de la première société, Thermador, en 1968, par Guy Vincent, Jacques Borde, Hubert Fournier, Geneviève Boreil et Marc de Sereys. Thermador fait depuis cette date de l'importation et de la distribution d'accessoires de chauffage central. Elle se positionne en intermédiaire des fabricants et des revendeurs. Comme toutes les autres filiales du groupe créées par la suite. Ainsi, PBtub achète et vend des tubes en matériaux de synthèse pour chauffage par le sol et distribution d'eau sanitaire; Isocel s'occupe de fourniture de composants aux constructeurs de chaudières; Sferaco négocie de la robinetterie pour le bâtiment et l'industrie; Sectoriel s'occupe de motorisation de vannes; Jetly, la plus rentable du groupe, commercialise des pompes domestiques et accessoires et des stations de relevage; Dipra vend aux grandes surfaces de bricolage; Thermador international reprend le catalogue de toutes les filiales et s'adresse, principalement, aux pays de l'Est de l'Europe. Seule Opaline, agence de communication, diffère un peu des autres filiales.




Prêts pour la reprise

Le groupe a connu en 2009 une baisse de son chiffre d'affaires de 5,5%, ce qui est qualifié de «limité» par le président. «Nous avons un principe de gestion basique: ne pas être endetté et gagner de l'argent. Donc la crise ne nous a pas plombés. Nous sommes de toute façon sur des marchés qui, crise ou pas, ont besoin de matériaux pour l'entretien et la rénovation. Le neuf a un impact, mais pas considérable. Si 2010 est comme 2009, nous serons satisfaits. Nous ne cherchons pas à faire de la croissance externe car nous connaissons nos métiers avec des développements possibles.» Le nouveau directeur général, Guillaume Robin, renchérit: «2009 a été tendue. 2010 sera une transition. Toutes nos filiales se préparent à la reprise. Nous continuons à embaucher, à former, à affûter nos équipes et peaufiner nos plans de vente. Nous sommes confiants dans l'avenir.»