Le profil
Thao Lane est installé en Bretagne depuis de nombreuses années et travaillait jusque-là dans l'électronique et les télécoms. « Un ami à Singapour se lançait dans les biotechnologies et cherchait à démarrer sur le marché européen, raconte Thao Lane. Il m'a demandé des conseils pour s'implanter. Je lui ai dit que la Bretagne était tout indiquée avec ses IAA et son niveau scientifique ». Thao Lane est donc chargé d'installer la filiale européenne de la société singapourienne Biomax Technologies (40 salariés ; CA : 10 millions de dollars).
Le statut
Il enregistre Biomax Europe en mars 2012. Une SAS au capital de 150.000 €.
Le procédé
Trois scientifiques ont mis au point un enzyme qui permet de dégrader les déchets organiques de manière ultrarapide. 24 heures suffisent au lieu de trois à six mois pour composter des déchets organiques et les transformer en un fertilisant naturel, très riche et qui permet d'économiser 50 % d'engrais chimiques. Biomax installe une cuve de 4 à 80 m³ (la première en France est à Gosné, au nord de Rennes), essentiellement dans des exploitations agricoles. « On ajoute 1 kg d'enzyme (composé de 30 souches de bactéries thermophiles) pour une tonne de déchets et on chauffe entre 70 et 100º C », explique Thao Lane. De quoi composter des fientes et carcasses de volailles, des déchets équins, de bovins, des végétaux, mais aussi des déchets de restauration et invendus. Le fertilisant ressort en poudre, sans odeur, à raison de 600 kg pour une tonne de déchets. Il est vendu ensuite aux coopératives pour l'agriculture biologique. « Mais aussi auprès de jardiniers, paysagistes, pour qui nous sous-traitons la fabrication de sachets de 60 litres. »
Les perspectives
Il y a un marché à prendre ici et la création de Biomax Europe va permettre à l'entreprise de se développer en France, Allemagne, Espagne et Scandinavie. « Par contre, le marché est très réglementé par rapport à l'Asie, et nous travaillons avec l'École des métiers de l'environnement de Bruz pour faire toutes les demandes d'autorisation ». Une dizaine d'installations par an devrait voir le jour, à raison de 600.000 € de chiffre d'affaires par projet. D'où le recrutement prévu de trois commerciaux. Côté produits, d'autres enzymes sont à l'étude pour 2014, notamment pour agir sur le porc.
Biomax Europe
(Cesson-Sévigné)Président : Thao Lane6 salariésCA espéré en 2013 : 1,2 M€www.biomaxeurope.com