Thales Alenia Space : L'usine du futur en orbite à Cannes
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Thales Alenia Space : L'usine du futur en orbite à Cannes

Dans la course à la performance et à la compétitivité, le constructeur de satellites Thales Alenia Space revoit ses processus industriels et veut faire du robot le meilleur ami de l'homme dans les salles blanches de son site cannois.

La fabrication additive s'invite dans le spatial. C'est une première ! Le satellite de télécommunication TurkmenAlem52E/ MonacoSAT, assemblé par Thales Alenia Space (TAS) à Cannes, embarque une pièce réalisée grâce à une imprimante 3D. Ce n'est là que l'un des visages de l'usine du futur qui prend forme sur le site cannois de TAS. « Dans un environnement concurrentiel, en particulier dans le secteur des satellites de télécommunication, l'optimisation industrielle ne suffit plus à réduire les coûts et compresser les cycles de production », constate Jean-Philippe Jahier, directeur de l'innovation et du déploiement des nouvelles technologies. Les nouveaux projets comme les mégas constellations créent une rupture, il faut construire des dizaines de petits satellites performants, à faible coût, et donc mettre en oeuvre une nouvelle approche industrielle. La fabrication additive n'est que l'une de ses composantes. Elle a l'avantage de pouvoir fabriquer des pièces monoblocs, sans soudure ou pas de vis, et donc présentant une masse et un poids sensiblement réduits par rapport à une fabrication selon un usinage industriel classique. Elle s'intègre surtout dans une démarche qui met en jeu technologies et compétences.

Compresser les cycles de production
En débarquant dans les salles blanches, objets connectés, robotique et cobotique, réalité augmentée et fabrication additive vont révolutionner le processus industriel, mais insiste Jean-Philippe Jahier : « Les équipes restent au coeur du processus ». Autrement dit, la machine ne va pas remplacer l'être humain, elle va venir en soutien. L'opérateur conserve la maîtrise de la valeur ajoutée. Le robot collaboratif ou cobotique en est l'illustration. Il est conçu pour travailler avec un opérateur, apprend de lui des gestes qu'il sera capable de reproduire pour prendre en charge des tâches répétitives, sans valeur ajoutée véritable, mais indispensables et surtout gisement de productivité. Exemple avec Saphir, un bras articulé qui va poser et vérifier des inserts, jusqu'à 3.500 unités par panneau de satellites, ainsi là où il fallait deux opérateurs pendant trois semaines, Saphir va exécuter la tâche en une semaine. « Ce dispositif sera en production à partir d'octobre 2015. Cela va nous permettre de gagner deux semaines sur un cycle de production », assure Jean-Philippe Jahier. Pour ce volet cobotique, les équipes de TAS travaillent depuis plusieurs mois en étroite collaboration avec le laboratoire de robotique des Arts et Métiers ParisTech Lille et AKEO Plus, une PME spécialisée en robotique industrielle, partenaire du fabricant allemand KUKA. Les objets connectés vont être particulièrement utiles pour tout ce qui concerne la traçabilité numérique, permettant d'identifier chaque pièce et de disposer de toutes les informations nécessaires la concernant via une documentation dématérialisée, informations qui seront accessibles grâce à la technologie de la réalité augmentée. « Tout cela va contribuer à optimiser les flux industriels avec une ergonomie accrue des postes de travail. Mais surtout la relation entre les concepteurs et les producteurs va être complètement modifiée, ils devront échanger davantage, dialoguer dans un contexte de partage des expertises », souligne Jean-Philippe Jahier. Thales Alenia Space compte bien ainsi continuer à s'affirmer en champion européen de l'optique et leader mondial des constellations de satellites. En 2014, le groupe franco-italien a engrangé de nouveaux contrats dont cinq satellites de télécommunication et cinq programmes d'observation de la terre. Le plan de compétitivité lancé fin 2013 pour réduire les coûts de 20 % devrait prendre fin mi 2015. La construction d'un nouveau bâtiment optique (8 M€ d'investissement) à Cannes et l'usine du futur prennent le relais avec pour objectif de conquérir de nouvelles parts de marché.

TAS


(Cannes) Dirigeant : J.-M. Capelli CA 2014 groupe : 2,1 Md€ 2.300 personnes (France) Tél. : 04 92 92 71 57 jean-philippe.jahier@ thalesaleniaspace.com

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