Thales Alenia Space : Le groupe au régime maigre
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Thales Alenia Space : Le groupe au régime maigre

Spatial. Le leader européen de la construction de satellites lance un plan de compétitivité pour baisser ses coûts. Le site cannois est en première ligne.

Mauvaise nouvelle pour le bassin cannois où le premier industriel du département, Thales Alenia Space (TAS) va revoir ses effectifs à la baisse. Le constructeur de satellites engage un plan de compétitivité avec l'objectif affiché de réduire ses coûts de 20 % d'ici à mi-2015. Présenté en comité d'entreprise fin décembre 2013, ce plan comprend un « volet adaptation des effectifs ». S'il n'est pas question de plan social, « les départs volontaires seront favorisés ». « Nous ne confirmons aucun chiffre », précise la direction mais de source syndicale on évoque une réduction des effectifs de près de 7 % en France, soit 270 postes dont 146 à Cannes sur un total de 1.900 et 124 à Toulouse sur 2.400.




Cannes monte au créneau

Député maire de Cannes, Bernard Brochand, qui n'avait pas hésité à mouiller sa chemise pour consolider le site de La Bocca et attirer le siège du groupe à Cannes, est monté au créneau. Il a reçu les syndicats et compte bien rappeler à Bernard Levy, P-dg de Thales, que la ville a investi plus de 16 M€ dans les aménagements routiers pour faciliter le transport des satellites et libérer les terrains nécessaires au redéploiement du site dans le cadre du projet Odyssée. Lancé en 2010, ce projet, dans lequel TAS a investi 41 M€, a permis de redistribuer et de moderniser ses installations réparties sur quelque 800.000 m² de part et d'autre de la voie ferrée, avec aménagement de nouveaux bâtiments.




Concurrence américaine sur le marché des télécoms

Leader européen, le groupe spatial fait face aujourd'hui à une concurrence exacerbée, surtout de la part de ses challengers américains soutenus par une parité dollar-euro qui leur est favorable, sur le marché mondial des satellites de télécommunications. Seuls deux contrats ont été signés en 2013, alors que le point d'équilibre est à trois. Pourtant la santé financière du groupe reste bonne grâce aux autres segments d'activité, satellites d'observation de la terre et de météo, instruments d'optique. Le volet commercial du plan de compétitivité lancé par TAS prend en compte cette nouvelle donne. « Les grands pays tels que le Brésil, la Russie ou la Turquie, se dotent d'un plan spatial ambitieux qui comporte tous les volets d'applications (télécoms, météo, observation, optique ou radar). Il faut mieux s'organiser pour répondre à ce type de demande. » La signature en décembre 2013 du contrat avec la société brésilienne Visiona pour mener à bien le programme satellitaire de télécommunications gouvernementales SGDC (satellite géostationnaire de défense et de communications sécurisées) va dans ce sens. Il a été complété par la signature d'un MOU (Memorandum of Understanding) avec l'Agence spatiale brésilienne portant sur un transfert de technologies vers le Brésil. Le marché des instruments d'optique et radar haute résolution, avec une demande croissante de la part de nombreux pays, présente aussi un potentiel prometteur. C'est d'ailleurs l'un des axes de prospection du pôle de compétitivité Pégase pour diversifier la filière spatiale à partir du travail du Comité Étienne Romano (voir le JDE janvier 2014) et consolider un tissu régional de PME qui doit réduire sa dépendance à l'égard d'un donneur d'ordres dont les besoins ont changé.

Thales Alenia Space





(Cannes) Directeur : J.-M. Capelli CA 2012 : 2,1 Md€ 2.300 personnes (France) Tél. : 04 92 92 30 44 www.thalesgroup.com

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