Texas Instruments : Reconversion réussie
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Texas Instruments : Reconversion réussie

Microélectronique Sur les 517 futurs licenciés de Texas Instruments, 234 ont d'ores et déjà été reclassés, dont 70 % au sein d'entreprises sophipolitaines. Un résultat « remarquable » pour Arnaud Montebourg, en visite à Sophia Antipolis le 15 juillet dernier.

Le ministre du Redressement productif était en visite à Sophia Antipolis pour faire le point sur le dossier Texas Instruments, et présenter l'opération de reconversion des 517 salariés impactés par la future fermeture du site de Villeneuve-Loubet comme un message d'espoir. « 55 % des salariés sont déjà reclassés avant l'envoi des lettres de licenciement. Le résultat est suffisamment extraordinaire pour qu'on puisse le citer en exemple pour d'autres territoires de France qui ont eu à subir des difficultés importantes », a alors déclaré Arnaud Montebourg au cours d'un point presse après sa visite des locaux d'Intel.Dans le détail, 46 % des salariés de Texas Instruments ont signé un contrat, soit 234 personnes, 8 % sont en cours de signature (40 personnes), 7 % en création d'entreprise (35 personnes), 1 % en mobilité interne, 1 % en pré-retraite, 1 % en arrêt de travail longue durée. Reste 36 % des salariés (183 personnes) encore sur le carreau. Toutefois, le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), signé entre l'État et Texas Instruments le 21 juin dernier et portant sur près de 3M€, devrait contribuer à leur trouver une solution de reclassement. « C'est la mobilisation de tous les acteurs qui a permis de transformer ce drame humain en un atout pour les hommes et pour le territoire », a souligné Marc Daunis, vice-président de la CASA. Car si 91 % de ces recrutements ont eu lieu en France, 70 % se sont effectués sur Sophia. « L'écosystème sophipolitain s'est montré capable d'absorber cette difficulté », s'est félicité Jean Leonetti, président de la CASA.




L'arrivée de Huawei inquiète

Parmi les entreprises sophipolitaines qui ont repris les 234 ingénieurs de Texas, Samsung tient la dragée haute avec 70 recrutements. Présent sur la technopole depuis octobre 2012, suite au rachat du centre de R & D britannique CSR (Cambridge Silicon Radio), le géant coréen des communications renforce ses positions et comptabilise 110 ingénieurs sur son pôle azuréen. Intel, avec 29 recrutements, étoffe lui aussi ses deux sites de R & D de Sophia Antipolis (400 personnes au total) dédiés au développement des technologies de la connectivité, WiFi, Bluetooth et NFC. Suivent Amadeus, premier employeur de la technopole avec 4.500 personnes, qui récupère 17 ingénieurs, Philips, avec 14 ingénieurs, Freescale, avec 13... et Huawei, avec 9. Le géant chinois de l'informatique pose ainsi un pied sur la technopole avec l'objectif d'y ouvrir un centre de recherche. Mais l'arrivée du deuxième fournisseur mondial en réseaux télécommunications sur le territoire, soupçonné de dumping sur le marché européen, alors même que le congrès américain a pris des mesures visant à se protéger contre ses produits, semble inquiéter les professionnels. Interrogé à ce sujet, Arnaud Montebourg a indiqué qu'Huawei « réalise avec la France presque 1 milliard de chiffre d'affaires. Au regard du déséquilibre existant entre la France et la Chine qui frôle les 20 milliards d'euros, nous avons exprimé le souhait auprès de cette grande entreprise chinoise d'un rééquilibrage. Et la meilleure méthode pour rééquilibrer, c'est d'implanter en France des installations de production et de R & D. C'est un message visant à l'alliance gagnant gagnant. »




« Sophia : un argument à valeur mondiale »

Avec cette reconversion réussie, Sophia démontre son dynamisme et place ses pions dans la course aux investissements d'avenir. « L'attractivité et la lisibilité de Sophia doivent être consolidées par la volonté de l'État », n'a pas manqué de rappeler Marc Daunis. Message visiblement entendu par le ministre qui a tenu à préciser que « dans la course à la Troisième révolution industrielle (...), le pôle technologique de Sophia Antipolis est un argument à valeur mondiale pour la France. Le gouvernement se prépare à présenter à la rentrée une trentaine de plans industriels de nature à placer la France dans la meilleure position mondiale dans un certain nombre de domaines, dont le secteur numérique ». Un secteur au coeur de l'activité de la technopole azuréenne.

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