Alors qu'un projet de classement de la Vallée de la Seine au titre des sites est proposé par la Direction régionale de l'environnement, la communauté économique et politique monte au créneau pour mettre en garde contre ce projet qu'elles jugent dangereux pour l'économie régionale. Président de la CRCI de Haute-Normandie, Christian Hérail s'inquiète de l'avenir de l'axe Seine.
Pourquoi s'opposer à ce classement? La notion de fleuve a beaucoup aidé cette région dans tous les domaines de son développement. Le développement du Grand Paris s'appuie sur cet axe Seine. C'est un axe stratégique pour la région. Si l'on se bat contre ce classement, c'est pour empêcher un arrêt total de l'industrie mais aussi du tourisme et de l'agriculture. Ce qui fait la valeur de cette vallée de la Seine c'est la diversité des entreprises qui s'implantent mais aussi les vaches dans les pâturages. Ce classement des Boucles de la Seine sur une surface de 52.000 hectares serait plus important que celui du Mont Blanc. Et à ma connaissance, les entreprises ne s'installent pas sur le site du Mont Blanc, contrairement à l'axe Seine.
Quels sont les enjeux?
La région produit beaucoup d'emplois grâce à son industrie et à son agriculture. Si demain, nous n'avons plus la capacité de poursuivre le développement de l'axe Seine à cause des contraintes imposées par ce classement, la région verra son attractivité économique mise en danger. Ce classement est réalisé sans aucune concertation avec les milieux économiques et vise à figer le paysage, sans limite temporelle en aval de Rouen. C'est inacceptable! En cas de réussite, ce projet obligerait une entreprise ou un agriculteur à demander une autorisation ministérielle pour le moindre agrandissement ou un changement de process!
Que proposez-vous?
Nous avons réalisé un document destiné à tous les acteurs économiques pour expliquer les enjeux et proposer un vrai développement durable sur l'axe Seine. On ne veut pas faire n'importe quoi et on veut protéger le Parc des Boucles de la Seine. Mais, il faut aussi protéger l'activité économique (dont l'activité fluviale et portuaire directement menacée), et touristique, pour poursuivre notre développement. Nous réfléchissons aussi à monter avec le Conseil général une organisation de gouvernance économique et politique permettant de mieux gérer cet espace sans avoir besoin de remonter à Paris. Avec les branches professionnelles, les chambres d'agriculture et le monde économique dans son ensemble, nous voulons assurer le développement de l'axe Seine pour que celui-ci devienne la porte Ouest naturelle de l'Europe.