Depuis 2002, année du transfert aux Régions de la responsabilité des transports sur leur territoire, ces collectivités locales ont investi plus de 9 milliards d'euros dans l'achat de nouveaux trains. Cet effort considérable s'est traduit par une progression de 20 % de l'offre et de 55 % de nombre des voyageurs transportés. Chaque jour, 7.500 trains TER transportent un million de voyageurs. « J'étais alors président de Région », a rappelé Alain Le Vern, lors de la présentation du Plan d'action TER 2014 - 2020. Après sa décision de « tourner la page politique », il est aujourd'hui directeur général SNCF Régions et Intercités. Une trajectoire singulière pour l'ancien président de l'exécutif régional de la Haute-Normandie qui fut notamment l'artisan de la réouverture de la ligne Serqueux-Gisors.
La recherche d'un nouvel équilibre
Aujourd'hui, la baisse des dotations de l'État amène les Régions, Autorités organisatrices des services TER à refonder avec l'opérateur SNCF « les bases d'un nouvel équilibre ». Depuis quatre mois, Alain Le Vern a méthodiquement pris ses marques, constitué son équipe. Ce cycliste patenté a entrepris un tour de France, ferroviaire celui-là, des vingt Régions concernées par l'activité TER. « J'ai dû faire en sorte de rétablir un climat de confiance entre celles-ci et la SNCF », ajoute-t-il. Indispensable pour mener à bien le renouvellement des Conventions entre l'entreprise ferroviaire et des dirigeants d'exécutifs régionaux de plus en plus sourcilleux quant au rapport qualité/prix des services. En matière de régularité, inévitable point névralgique, SNCF se fixe pour objectif d'atteindre d'ici à deux ans une moyenne de 93 %. La « nouvelle génération de TER » qui entrera progressivement en service en 2014 devrait y contribuer. Douze Régions ont déjà commandé 182 rames Régiolis à Alstom Transport, et 9 ont opté pour 159 rames Régio2n (deux niveaux) fabriquées par Bombardier dans son usine de Crespin (Nord). L'ensemble représente un montant dépassant 3 milliards d'euros. Pour la maintenance de ces trains, la SNCF a adapté ses centres existants et a construit cinq nouveaux ateliers à Mulhouse, Toulouse, Granville, Nantes et Bordeaux. Cet investissement de 225 millions d'euros a été en grande partie financé par les Régions. « Aujourd'hui, il existe une quarantaine de séries de matériels TER différents. En réduisant leur nombre autour de cinq, l'exploitation sera plus robuste », souligne Alain Le Vern. La SNCF va transférer son activité TER à Lyon. Cette décentralisation, qui va concerner 150 personnes actuellement basées à Paris, sera effective au 1er janvier 2016.
ferroviaire Devenu fin 2013 directeur général SNCF Régions et Intercités, l'ancien président de région Alain Le Vern doit affronter la colère de nombreuses collectivités.