Vous avez été licencié de votre poste de directrice financière d’une société de logistique l’année dernière. Est-ce que ce fait de vie a été déclencheur ou aviez-vous déjà ce projet de création ?
Ca faisait déjà un certain temps que j’envisageais une reprise d’entreprise pour être en mesure de voler de mes propres ailes. Ça n’est pas évident de prendre la décision de tout quitter lorsqu’on est en poste. C’est dans ce sens que j’ai vécu ce licenciement économique comme un traumatisme, mais aussi comme une chance et une opportunité.
Comment s’est passé votre recherche de cible, comment vous avez identifié l’entreprise Goblet Daumas ?
Je sentais bien que le licenciement allait arriver, que la liquidation de l’entreprise était inéluctable. Donc durant l’été 2014, j’ai commencée à me renseigner auprès de la Chambre des Métiers, de la Chambre de Commerce, pour voir si des entreprises étaient susceptibles de m’intéresser. Je n’ai pas trouvé d’entreprises qui étaient cohérentes avec mes attentes. J’avais un critère géographique et de taille : quand on a un poste de direction avec un revenu conséquent, il faut pourvoir maintenir son niveau de vie lors de la reprise. J’ai eu la chance de rencontrer mon notaire, sur un sujet différent, avec qui j’ai évoqué ma recherche. J’ai alors été mise en relation avec Éric Goblet, le propriétaire des laboratoires Goblet Daumas, début novembre 2014 et j’ai été licenciée le 21 novembre 2014. Le timing a été parfait !
Ça fait un peu moins d’un an que vous avez repris l’entreprise Goblet Daumas. Avez-vous endossé ce costume de dirigeante de PME ?
La souffrance a eu lieu avant le licenciement parce que je voyais très bien la chose arriver et malheureusement on ne peut rien y faire. Dès que j’ai pris en main ce projet de reprise, je l’ai travaillé totalement. Je me suis énormément investie pendant 6 mois : j’ai trouvé les financements, réalisé une étude de marché. Depuis mai dernier, je suis au laboratoire tous les jours, 6 jours sur 7, et sur les routes pour rencontrer mes clients.
Après un licenciement économique, Pascale Poupart a repris en juin 2015 la société Goblet Daumas dans le Nord. Avec une quarantaine de salariés et 2,4 M€ de CA, Goblet Daumas est spécialisée dans la fabrication de prothèses dentaires. Pascale Poupart nous parle de son expérience et de son parcours pour reprendre sa PME.