Telespazio France : La galaxie Earthlab se structure
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Telespazio France : La galaxie Earthlab se structure

Après Bordeaux et le Gabon, le Luxembourg accueille depuis cet été le 3e Earthlab de Telespazio France.Zoom sur la stratégie offensive de l'entreprise toulousaine sur le segment encore peu exploité de la géo-information.

« La géo-information compte pour 20 % de notre chiffre d'affaires, mais c'est un segment qui a connu la plus forte croissance depuis quatre ans. C'est pour Telespazio France le marché le plus porteur, car il n'est pas encore mature », s'enthousiasme Corinne Mailles, directrice générale adjointe de la filiale conjointe de Thales et Finmeccanica. Telespazio France, dont le coeur de métier est l'opération d'infrastructures spatiales en France (60 % du CA), se diversifie dans trois segments : le développement d'applicatifs autour de la donnée spatiale (10 %), les télécommunications par satellites (10 %) et la géo-information (20 %), segment le moins structuré. Car qui utilise les satellites d'observation aujourd'hui ? La défense, la recherche, quelques entreprises pétrolières. « Il faut aller au-delà, observe Nicolas Vincent, directeur commercial. En venant en complément des solutions terrestres, pas en concurrence. Et en repartant des besoins des potentiels clients. »




Premier Earthlab à Bordeaux

Le territoire de lancement, qui a donné à Telespazio France l'accès à ses premiers utilisateurs, aura été la Région Aquitaine, avec qui un partenariat se noue en 2013. Un centre dédié aux aspects environnementaux pour les collectivités et les entreprises ouvre la même année sur l'Aerocampus à Bordeaux. « Nous avons passé un an à comprendre les besoins des utilisateurs. Avoir embauché des gens hors du secteur spatial nous y a aidé », précise Nicolas Vincent. Objectif : concevoir les services de demain, via le recueil des besoins, l'analyse des technologies, la vente de produits et services. La récupération des images se fait par les satellites, mais aussi les drones et les avions, dans le cadre de partenariats. Les premiers contrats de l'Earthlab Aquitaine tombent fin 2014. « Earthlab Aquitaine, dans lequel nous avons investi 5 millions d'euros avec la Région, n'est pas encore rentable. Mais nous arriverons à l'équilibre en 2016. » Aujourd'hui, Telespazio France y compte une vingtaine de clients dans la vigne, un client dans la forêt, et cible les mairies du littoral. Face à ce double succès, celui d'une approche centrée sur l'utilisateur et celui du partenariat public-privé, Telespazio France a sollicité d'autres régions du monde pour y décliner son Earthlab. Au Gabon, la société toulousaine vient d'installer un centre, inauguré en août dernier. Pourquoi le Gabon ? « Ce pays a des enjeux environnementaux, comme le suivi de la déforestation, et de sécurité, comme la surveillance du golfe de Guinée, élabore Corinne Mailles. Et il souhaitait avoir la maîtrise de l'information, sans pouvoir pour autant se doter de satellites. » L'agence spatiale gabonaise, partenaire, et l'Earthlab sont donc situés au même endroit. Depuis octobre, les premiers services pilotes sur la piraterie ou la surveillance pétrolière, frontalière ou liée à la pêche illégale, sont opérationnels. Coût de l'opération : environ 10 M?, co-financés par Telespazio France (50 %) et le fonds d'investissement stratégique gabonais.




Une joint-venture créée au Luxembourg

Très différent des deux premiers modèles, un troisième Earthlab a été signé en juin 2015. La joint-venture EarthLab Luxembourg SA a été créée entre Telespazio France, e-Geos (société soeur en Italie) et leurs partenaires luxembourgeois, la PME Hitec et le groupe public de télécommunications Post Luxembourg. Ici, il s'agit d'un centre thématique et non pas géographique : les services tourneront autour des risques et la sécurité (risques industriels pour les sites Seveso, risques environnementaux pour le secteur de l'assurance...). Cinq personnes sont employés dans cette joint-venture la première année, qui en comptera une vingtaine dans deux ans. Quelles prochaines cibles pour la galaxie Earthlab ? L'Asie du Sud-Est et l'Amérique du Sud. « Ce seraient plutôt des Earthlab géographqiues : forêt, pétrole, surveillance maritime... », note Nicolas Vincent. Chaque Earthab générera à terme 10 millions d'euros de chiffre d'affaires par an, avec une rentabilité à trois ans, espère la société toulousaine. Un relais de croissance stratégique pour cette dernière, qui a doublé son chiffre d'affaires en quatre ans, pour atteindre 80 millions d'euros en 2014.



Agnès Baritou

Telespazio France



(Toulouse) Directrice générale adjointe : Corinne Mailles 364 salariés dont 150 à Toulouse CA 2014 : 80 millions d'euros www.telespazio.fr

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