On a beau s’être habitué aux belles annonces d’investissement en provenance du Dunkerquois, certains chiffres font toujours leur petit effet. Comme ce rondelet 1,7 milliard d’euros, annoncé le 20 janvier par le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, en marge de la conférence annuelle du Port de Dunkerque. Un "effet wahou" habilement ménagé donc — à quelques mois des municipales, noteront certains — et une bonne nouvelle pour le territoire, qui voit se poursuivre la reconversion de la friche laissée par la raffinerie SRD, dix ans après la douloureuse fermeture du site.
Ce dernier devrait accueillir deux projets industriels d’envergure, portés par Technip Energies et Tepsa. Les deux groupes ont été retenus dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par Dunkerque-Port pour développer, sur une emprise foncière de 23 hectares (dont 20 hectares issus de la friche SRD), de nouvelles infrastructures dédiées à l’énergie et à la transition industrielle.
Un projet commun, lié à la décarbonation
Entreprise néerlandaise d’ingénierie de premier plan, spécialisée dans les infrastructures énergétiques et de décarbonation, Technip Energies (6,9 Md€ de CA 2024, 17 000 collaborateurs) prévoit d’une part la construction et l’exploitation d’une unité de production de carburant d’aviation durable (SAF), à partir d’éthanol de seconde génération. L’installation affichera une capacité annuelle de 160 000 tonnes, positionnant Dunkerque sur un segment stratégique pour la décarbonation du transport aérien.
De son côté, Tepsa (ex Rubis Terminal : 60 M€ de CA 2024), opérateur indépendant basé à Paris, est spécialisé dans le stockage de liquides en vrac tels que les produits chimiques. Déjà présent à Dunkerque, il y développera un nouveau terminal import-export de vracs liquides. L’opérateur assurera la logistique maritime associée au projet de Technip Energies et complétera le dispositif avec des capacités d’importation et de stockage dédiées aux filières de la transition énergétique, notamment la fabrication et le recyclage de batteries. Le terminal comprendra environ 145 000 m³ de capacités de stockage.
L’investissement global est estimé à 1,7 milliard d’euros. Les deux projets devraient générer environ 300 ETP et un trafic maritime compris entre 1 et 1,2 million de tonnes supplémentaires par an sur le port. Ils devraient être opérationnels d'ici 2030.
Pour Maurice Georges, président du directoire de Dunkerque-Port, ces investissements "renforceront considérablement l’écosystème dunkerquois" et marquent "une nouvelle étape décisive dans la reconversion réussie de la friche industrielle de l’ancienne raffinerie SRD".
Le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, souligne de son côté "la dynamique industrielle exceptionnelle du territoire" et voit dans ces projets "la confiance des industriels dans le territoire dunkerquois, ses infrastructures portuaires et sa capacité à se positionner à l’avant-garde de la transition énergétique".