Après Tara-Damoclès, qui a rassemblé des informations sur les conséquences du réchauffement climatique, le nouveau projet Tara Océan veut étudier le plancton à travers le globe. L'objectif est de découvrir 1.000 espèces à travers une soixantaine d'escales pendant trois ans. «Nous espérons lancer ce projet en septembre2009, pour les 150 ans de l'origine des espèces de Darwin, 2010 étant l'année de la biodiversité», explique Romain Troublé, directeur opérationnel de Tara.
Cherche soutien financier
Principal soutien financier privé de Tara, Agnès b.cherche aujourd'hui un deuxième acteur privé pour boucler un nouveau budget de 9M€ pour la partie logistique, le volet scientifique s'élevant à 15-20M€. Tara-Damoclès avait pour sa part coûté à la créatrice de mode 2,5M€ par an, surtout lors des deux dernières années de la dérive. La maintenance et l'amortissement du bateau de 36 mètres occupent à eux seuls 25 à 30% du budget. Le volet scientifique, baptisé Damoclès, aura nécessité à lui seul un budget de 18M€. 20 personnes étaient salariées de la SARL Tara, dirigée par Etienne Bourgois, DG d'Agnèsb.
Port de rattachement
Il y a deux ans, Lorient était devenu le port de rattachement de Tara. «C'est le port le plus complet de la façade Atlantique en terme de compétences, avec un des plus gros élévateurs d'Europe, de 650 tonnes», constate Romain Troublé. «Cela permet au bateau de s'armer, de trouver un environnement économique et des compétences», ajoute Norbert Métairie, président de Cap L'Orient. L'initiative Tara doit intéresser le monde économique, à l'heure où des financiers étudient l'impact du réchauffement climatique sur les marchés. Le rapport de Nicholas Stern estime que le changement climatique pourrait provoquer à terme une récession allant jusqu'à 20% du PIB mondial. «L'une des conséquences, c'est qu'il n'y aura plus de glace polaire en été et donc qu'on pourra réaliser la traversée de l'Atlantique directement, sans passer par le canal de Panama ou de Suez», remarque Philippe Clais de Tara. «Ce sera moins coûteux mais pas forcément moins consommateur en carburant car le nombre de bateaux et de trajets risque d'augmenter fortement.»
www.taraexpeditions.org
Depuis les quais de Seine, la goélette Tara prépare une nouvelle expédition.