Créé à Balma (Haute-Garonne) en 2005, puis réimplanté à Montpellier (Hérault) en 2015, Synox (50 salariés, CA 2023 : 5,3 M€) écrit une nouvelle page de son histoire en déménageant dans la ville voisine de Castelnau-le-Lez. L’éditeur et intégrateur de solutions pour l’internet des objets (IoT) prend possession de son nouveau siège social, qu’il a construit moyennant un investissement de 4 millions d’euros.
Une forte culture participative
Sis sur un terrain de 2 500 m2, le bâtiment de 1 500 m2 a été pensé comme un démonstrateur du savoir-faire de Synox, à double titre. D’une part, sur le plan organisationnel : le site est couturé d’aménagements visant à susciter l’animation et les échanges entre les équipes et avec les managers. Les espaces de réunion, d’idéation et de coworking, le rooftop convertible en lieu de travail, l’agora modulable, la salle de sport, la cafétéria, sans compter le jardin extérieur aménagé en théâtre de verdure, sont quelques-unes des cartes jouées par Synox pour convaincre ses collaborateurs de renoncer au moins en partie au télétravail. "C’était déjà un enjeu d’avant-Covid pour les acteurs de la tech. Nous avons donc pensé le site comme un lieu qui nous rassemble et incarne nos valeurs de collaboration. L’échange informel peut aussi être générateur de rendement", affirme Emmanuel Mouton, cofondateur de la PME avec Jérôme Fenwick.
Un démonstrateur technologique
Sur le plan opérationnel, d’autre part, Synox a aussi voulu se doter d’un site truffé de technologies. Rien de plus normal a priori pour un expert de la Smart City, qui a déployé plus de 100 000 objets connectés. Pourtant, la conception du nouveau siège a posé un vrai challenge technique pour associer quelque 500 capteurs fournis par 30 prestataires différents. "Les installateurs de capteurs pour la climatisation ou le contrôle d’accès travaillent séparément. Or, nous voulions interconnecter ces technologies pour créer des scénarios d’automatisation, de sorte que les brise-soleil orientables s’ouvrent plus ou moins en fonction de la lumière et de la chaleur, par exemple. On parle beaucoup de BMS (système de gestion du bâtiment, NDLR), et nous voulons nous inscrire durablement dans cette tendance", souligne Emmanuel Mouton.
La bonne santé de l’IoT
Bien sûr, le bâtiment doit aussi porter la croissance de Synox. Il a été conçu pour une jauge maximum de 80 salariés (le double avec le télétravail). L’entreprise, qui vise un chiffre d’affaires prévisionnel de plus de 6 millions d’euros en 2025, continue à croître sur 3 axes. D’abord, la mobilité connectée : elle monitore plus de 15 000 véhicules avec sa plateforme IoT, qui collecte et remonte les données vers les gestionnaires de flottes. Parmi ses derniers gros clients figurent Continental, Mercedes, Ford ou bien Nord Auto Europe, qui déploie une offre conçue par Synox en marque blanche. Ensuite, les villes connectées : avec 400 collectivités à son actif, la PME est leader du marché en France, et capable de s’aligner sur le moindre appel d’offres pour déployer des services IoT dans les territoires. Enfin, le bâtiment connecté, qu’elle aborde à travers les bailleurs sociaux. Des références telles que CDC Habitat, FDI, Hérault Logement ou Val-d’Oise Habitat figurent dans son portfolio.
Nouveaux enjeux à l’export
Sur le plan international, l’année en cours marque aussi une accélération pour Synox. Après la création d’une filiale en Espagne en 2023, elle trouve actuellement de nouveaux débouchés en Europe (Italie, Benelux), au Moyen-Orient et en Arabie Saoudite, en signant des contrats avec des distributeurs, qui s’appuient sur des réseaux d’intégrateurs. En 2025 viendra la prospection en Afrique, selon la même méthode. Emmanuel Mouton dévoile ses plans, tout en nous présentant un dernier équipement au sein du nouveau site : une salle vidéo, où Synox tournera ses (nombreux) webinaires. "Nous l’ouvrirons à nos partenaires, car nous voulons être au cœur de notre écosystème", indique le PDG, qui rappelle aussi l’organisation de son propre événement annuel à Montpellier, "Cap’IoT". La dixième édition, prévue le 9 octobre, accueillera 15 partenaires et plus de 200 participants.