Le fabricant grenoblois de kits de pile à hydrogène, Symbio FCell (50 salariés ; CA 2015 : 2,5M€, prévisions 2016 : entre 3,5 et 5 M€) vient de passer la vitesse supérieure, avec l'entrée au capital d'Engie prenant 20% des parts. Avec un capital détenu jusqu'ici par Michelin (32,9%), Cea Investissement (11%), le fonds de venture capital Innoven Partenaires (% NC) ainsi que par les quatre fondateurs, l'arrivée d'Engie intervient pour booster une nouvelle phase de développement de l'entreprise. Plus qu'un simple apport en capital, ce partenariat industriel joue aussi un rôle essentiel pour renforcer certaines expertises. « Nous avions à l'origine développé un certain nombre de technologies avec le CEA », se souvient Pierre-Yves Le Berre, vice-président de SymbioFCell. Après un second partenariat avec Michelin, qui lui a ensuite permis de franchir le pas de l'industrialisation, Symbio FCell avait besoin de s'entourer d'un acteur maîtrisant le prix de l'énergie, l'électrolyse et le déploiement des stations.
Un marché potentiel large
Sans compter que ce partenariat offre aussi des débouchés rapides... « Engie a remporté il y a quelques semaines un bon nombre d'appels à projets territoriaux où nous pourrions être partenaires pour la fourniture des véhicules ». Avec, parmi eux, un programme pour la livraison de 15 stations en Normandie. En adaptant ses kits de pile à hydrogène sur des véhicules tels que la Kangoo ZE H2 de Renault, en vue de passer d'une autonomie de 170 à 350 km/jour, le marché potentiel de la société est très large. « Le but est d'offrir un véhicule zéro émissions qui ait la même disponibilité et autonomie journalière qu'un diesel », annonce Pierre-Yves Le Berre. Ses principaux clients ? Le marché du B to B, et notamment les secteurs de la messagerie, des services, de l'industrie et du BTP ou les collectivités... « Nous recensions près d'une centaine de clients en France, mais visons en priorité les flottes captives de véhicules d'entreprise». La société travaille déjà avec d'autres constructeurs, afin de proposer une adaptation de son système sur d'autres types de véhicules. « L'un sera orienté vers le marché des taxis, tandis que l'autre sera tourné vers les véhicules de plus grande capacité », glisse le VP. Selon lui, la France présente un marché de 1,2 million d'euros de véhicules adressables, avec les Kangoos, Partners et autres Berlingos. Après avoir équipé 150 véhicules avec son prolongateur cette année, elle vise les 1 000 en 2017.
Un marché en Europe du Nord
L'international est directement visé, en particulier le Royaume-Uni, où la société vient d'engranger 37 commandes de véhicules, ainsi que l'Allemagne et la Norvège, pour laquelle SymbioFCell a aussi reçu de premières commandes. « Nous passons par des distributeurs, mais il n'est pas exclu que nous ayons un jour des bureaux sur les plus gros marchés, comme le Royaume-Uni ». De manière générale, la société iséroise vise en premier lieu les pays situés au Nord de l'Europe, où les expérimentations à l'hydrogène se multiplient. « Ces programmes nous ont permis de démarrer car pour vendre des véhicules, il faut pouvoir les alimenter à travers des stations » justifie M. Le Berre. La France ne compte en effet que cinq stations de distribution d'hydrogène en 2015, fournies par des distributeurs tels qu'Air Liquide ou Engie. Mais un pas devrait être franchi, avec un objectif de 100 d'ici 2018 que se fixe la filière. Pour accompagner ces évolutions, Symbio FCell sait qu'il lui reste une dernière étape à franchir : déployer un SAV qui lui permette de traiter plusieurs millions de véhicules, à l'échelle industrielle. Pour renforcer ses effectifs, la start-up a déjà embauché 20 personnes depuis juin 2016.