Sylvie Saint-Onge : «La performance individuelle évaluéeen Nord-Amérique »
# Conjoncture

Sylvie Saint-Onge : «La performance individuelle évaluéeen Nord-Amérique »

MANAGEMENT Professeur à HEC Montréal, Sylvie Saint-Onge s'applique à livrer sa vision du management nord-américain. En clé de voûte la gestion de la performance.

Directrice de la Revue Internationale de gestion et auteur d'ouvrages récompensés, Sylvie Saint-Onge était la première intervenante des soirées de l'IREA de Vannes, l'institut de recherche sur les entreprises et les administrations. Laboratoire interdisciplinaire (droit, sciences économiques et gestion) pour lequel travaillent 40 chercheurs de l'UBS de Vannes et Lorient et 10 doctorants.




Quelle est la vision Nord-Américaine de la performance?

«Dans 95% des grandes entreprises est mis en place un programme d'évaluation du rendement individuel pour les gestionnaires et les cadres. Afin qu'ils communiquent clairement leurs attentes vis-à-vis des objectifs et des comportements à leurs collaborateurs. Ainsi la rémunération, salaires et primes, se fait au mérite. Et en fonction du rendement de l'entreprise. En France, la culture est plus collectiviste. Les entreprises sont obligées d'adopter un régime de participation aux bénéfices alors qu'à Montréal c'est facultatif. Vous parlez davantage de gestion de compétences et non de performance.»


Qu'est-ce que l'évaluation individuelle change sur le comportement des salariés?

«Cela change la vision des salariés dans leur entreprise. Ils savent quelle est leur mission, quels sont les buts à atteindre. Les cadres doivent arrimer l'objectif individuel avec ceux de la direction. Tout cela dans le respect des valeurs de l'entreprise. Atteindre les résultats oui, mais pas par tous les moyens. Pour autant le programme de la gestion de la performance est parfois mal aimé, considéré comme une menace par certains salariés.»


Il y a donc des effets pervers?

«Les RH doivent guider, conseiller et offrir des outils valables à des cadres formés et motivés à dire la vérité. Pour éviter tous les subterfuges qui les fassent surévaluer ou sous-évaluer leurs collaborateurs. L'évaluation à 360º permet également à ses clients et à ses collègues de participer.»

# Conjoncture