SVA Jean-Rozé : Entre bien-être des salariés et métier en mutation
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SVA Jean-Rozé : Entre bien-être des salariés et métier en mutation

À Vitré, la SVA a équipé 18 salariés de vélos électriques. Une expérimentation pour leur bien-être. L'usine de viande évolue avec son temps, et a aussi revu ses canaux de distribution. À côté d'Intermarché, la SVA vend à des entreprises privées et à l'export.

La SVA Jean-Rozé à Vitré, vient d'équiper dix-huit de ses salariés de vélos électriques pour leurs déplacements domicile-travail. La Société Vitréenne d'Abattage (SVA), créée il y a presque 60 ans, a entamé depuis longtemps une réflexion autour du bien-être de ses salariés. C'est dans ce cadre qu'elle s'est engagée dans ce projet BMA (Bretagne Mobilité Augmentée) pour trois ans, auprès de 18 autres acteurs régionaux. « Nous avons pris depuis 2010 un engagement dans l'environnement et le développement durable, explique Aurélie Ménager, responsable qualité environnement et développement durable à la SVA. Nous avons adressé aux salariés un questionnaire sur leurs attentes. La mobilité pour venir au travail les intéressait ».




Bien-être des salariés

L'entreprise travaille donc en partenariat avec le Laboratoire Armoricain Universitaire de Recherche en Psychologie Sociale (Laureps) dans le cadre des investissements d'avenir européens. Un programme subventionné par l'Ademe, qui a payé 30 % des 30.000€ qu'ont coûté les 18 vélos électriques. « Nous allons aussi réfléchir à faciliter les trajets gare-entreprise, les trajets vers le centre-ville pour le midi, avec l'installation de vélos en libre-service, poursuit Aurélie Ménager. Nous essayons aussi de monter des équipes de covoiturage, réfléchissons à former les commerciaux à l'éco-conduite ». Des services qui contribuent à « rendre service aux salariés, pour les fidéliser, leur apporter du pouvoir d'achat, en agissant aussi pour l'environnement, ajoute Philippe Robin, DRH de la SVA. Nous profitons des opportunités pour changer les habitudes, car les difficultés sont réelles pour les salariés. Les déplacements coûtent cher. Or, le pouvoir d'achat, c'est le nerf de la guerre. »




Et aussi 22 M€ investis en 2012

Cette expérimentation, qui pourrait être élargie dans l'entreprise à terme, fait suite à d'autres évolutions, également engagées pour le bien-être des salariés et rendre attractif le poste de travail. En 2012, la SVA a réorganisé la salle de désossage (découpe de boeuf, veau, agneau), où 200 personnes travaillent en 2x7. Un investissement de 22 millions d'euros. Il est allé de paire avec une extension de l'espace de stockage, également modernisé, avec des robots de logistique, qui facilitent la manutention. Cela permet de stocker 30.000 bacs, moins lourds (contre 10.000 auparavant). Ils servent à trier les types de viandes et morceaux et facilitent la préparation des commandes, tout en suivant la traçabilité de l'animal.




Évolution du métier

C'est en effet le métier lui-même qui a évolué. Aujourd'hui, beaucoup de bouchers ne font plus de découpe de carcasses eux-mêmes. « Alors que nous désossions 20.000 tonnes de viande par an en 1990, nous en avons désossé 90.000 en 2013, précise Philippe Salmon, directeur de l'activité première et deuxième transformation. Les consommateurs achètent aussi plus de plats préparés, ce qui a poussé la SVA à investir davantage dans la troisième et quatrième transformation, pour proposer plus de produits élaborés.




Vers l'Asie

D'autre part, la consommation de viande rouge baisse chaque année en France... La SVA s'est donc adaptée et mise depuis 2005 sur de nouveaux marchés pour tirer sa croissance, notamment à l'international. « L'export représente 12 à 13 % des 1,4 Md€ de chiffre d'affaires, et un quart du volume, précise Philippe Salmon. Nous sommes présents pour l'instant en Italie, Grèce, Portugal, Allemagne et Hollande. Un peu également en Chine et au Japon, où nous voulons nous développer davantage, comme en Turquie, Algérie, Maroc. Ce sont des marchés d'équilibre, pour mieux valoriser nos produits, être plus compétitifs et créer de l'emploi ». Le groupe SVA compte actuellement 3.650 salariés répartis entre Vitré, Liffré, Trémorel, des bases logistiques, un abattoir à La Guerche, une unité de traitement pour produire des biocarburants (à partir de graisses, ouverte en 2013 au Havre) et quatre sites Saviel (filiale de produits élaborés). L'objectif est de se développer pour amortir les investissements, maintenir son niveau d'activité et conquérir des marchés à l'extérieur du groupement des Mousquetaires (Intermarché, Netto), dont la SVA fait partie depuis 1991. 30 % des clients de la SVA sont aujourd'hui hors groupement, dont des industriels. Les ventes se font d'ailleurs à 27 % auprès d'industriels, et 2 % en RHD.

SVA Jean-Rozé



(Vitré) Psdt : Dominique Langlois Dir. Vitré : Philippe Salmon 3.694 salariés avec les filiales CA 2013 : 897 M€ (1,4 Md€ avec les filiales) 02 99 74 65 94 www.sva-jeanroze.com

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