Suzuki : Une productivité qui impressionne
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Suzuki : Une productivité qui impressionne

Suzuki emploie 6.000 personnes dans son usine hongroise d'Esztergom. Un site pilote.

Quand, en 1991, Suzuki implante son usine à Esztergom (80km au Nord de Budapest), le constructeur japonais a un objectif: fabriquer 50.000 véhicules par an, employer 1.000 salariés, le tout moyennant un investissement de 150M€. Dix-sept ans plus tard, Magyar Suzuki Corporation construit près de 300.000 véhicules à l'année (modèles Swift, SX4 et Splash), emploie 6.000 personnes et a déjà englouti plus de 2Md€ dans des investissements. Si Suzuki a jeté son dévolu sur la Hongrie, c'est pour plusieurs raisons. D'abord, pour sa culture industrielle. Ensuite, pour sa situation géographique: avec six pays limitrophes, elle arrose en fait la quasi-totalité de l'Europe, soit près de 500millions de consommateurs. Enfin, pour le coût de sa main-d'oeuvre. Même s'il a tendance à augmenter, «le salaire moyen est aujourd'hui quand même trois fois moins élevé que le salaire autrichien», cite en exemple Laszlo Urban, directeur général adjoint de l'usine hongroise. Un opérateur gagne ainsi entre 130.000 et 150.000 forints par mois, soit environ 500€. «C'est 10 à 20% supérieur à la moyenne de l'industrie hongroise.» Côté temps de travail, là encore, on note des différences. 40h par semaine sur quatre jours, trois équipes en 2/8 et pas de travail le dimanche. L'organisation étonne. «C'est surprenant, confiait ainsi Guy Sauvadon, patron des concessions Huchet BMW de Rennes et Saint-Malo, à la sortie de l'usine hongroise. Ce sont de grosses amplitudes qui, habituellement, sont peu propices à un travail de qualité». Quant à la productivité, on la ressent immédiatement au contact des lignes. «C'est impressionnant. Cela se voit dans l'organisation de l'usine et dans les cadences très soutenues», note quant à lui Joël Chéritel, président de l'Union des Entreprises 35.




Concurrence slovaque

Bref, de quoi faire rêver tout industriel breton? Il ne faut pas grossir le trait. Car l'usine Suzuki hongroise connaît aussi ses difficultés. La plus importante: le manque de main-d'oeuvre qualifiée et l'attractivité de la Slovaquie voisine qui connaît un développement industriel très rapide avec déjà quatre usines automobiles. Un phénomène qui risque de s'accentuer au 1erjanvier avec, du côté de Bratislava, un passage à l'euro. Les 40% de salariés slovaques de l'usine hongroise - la frontière est très proche - pourraient en effet être tentés par un retour sur leur marché du travail d'origine. Pour y faire face, Suzuki a toutefois trouvé sa parade: «des économies de main-d'oeuvre et l'automatisation», indique Laszlo Urban. À l'énoncé de ces solutions, les chefs d'entreprises bretons sont restés sceptiques.

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