Mardi 16juin 2009, 7h30, aéroport Nice-Côte d'Azur. Jean-Pierre Savarino embarque pour Paris Charles-de-Gaulle. Le P-dg de Studiel se rend au 48e salon du Bourget. Un rendez-vous incontournable pour les professionnels de l'Aéronautique et de l'Espace. Le patron azuréen confirme: «Il faut être là si l'on veut exister dans ce secteur.» Thales, DCN, Airbus, Dassault... Les grands noms de l'aéronautique français seront là. Des poids lourds qui figurent déjà aux côtés des Texas Instruments, Siemens ou encore Alstom dans le portefeuille-client de sa PME.
Une activité très diversifiée
Le coeur de métier de Studiel? «Le consulting, à hauteur de 40% de notre CA, et l'activité au forfait qui regroupe bureaux d'études, tests, fabrication et maintenance de pièces produites en fonction d'un cahier des charges. À cela s'ajoute de manière marginale une gamme de produits propres à la société.» Le tout réalisé pour différents secteurs, des semi-conducteurs à l'automobile en passant par le transport, la Défense et bien sûr l'aéronautique. Une activité très diversifiée que Jean-Pierre Savarino a développée à partir de 1993. À cette date, il reprend avec Alain Ghuglione la branche ?Sud-Est ?du groupe qui l'emploie, spécialisée dans l'électronique, et fonde Studiel. «Un simple bureau d'études avec une capacité de production» se souvient-il. «Nous sommes allés progressivement vers la mécanique et l'informatique pour pouvoir répondre à des offres globales. Dans le but de réaliser des essais sur nos produits, nous avons également lancé une activité logicielle voilà 7 ans.» Une croissance de business qui s'accompagne d'une extension géographique: un établissement est ouvert en 1999 à Toulouse. Une agence est inaugurée en Ile-de-France en 2003, avec l'intégration d'un bureau d'études un an plus tard. Aujourd'hui spécialisé dans le consulting et la conception, fabrication, maintenance de pièces à très haute valeur ajoutée, mécaniques ou électroniques, Studiel se trouve évidemment confronté au ralentissement économique. «Le marché devient restreint, il faut être bien positionné... Et pour encaisser le choc, il faut plus que jamais être performant d'un point de vue technique et commercial.»
Concrètement, «nous constatons une réduction des commandes...» Fini le superflu! Et comme d'autres sous-traitants de grands groupes, Studiel a dû gérer des suspensions ou annulations de commandes. «Notre activité pluridisciplinaire a heureusement permis de réorienter nos effectifs.» Les dirigeants du sous-traitant azuréen, référence dans le domaine du consulting, ne semblent donc pas excessivement inquiets. «Il suffit de faire le dos rond et d'attendre que l'orage passe...» Jean-Pierre Savarino va même jusqu'à positiver: «Ces moments difficiles mettent en exergue les points forts et faibles de la structure de l'entreprise. De quoi nous permettre de progresser.»
Au Bourget pour toucher les donneurs d'ordres
Participer au salon du Bourget aura également été l'occasion de «rencontrer les responsables des grands donneurs d'ordres en peu de temps.» Un bon moyen pour réunir un maximum d'information et entretenir une relation avec des acteurs transnationaux. Car Studiel compte bien rebondir dès les premiers signes de reprise économique. «Nous cherchons actuellement une nouvelle implantation à l'étranger pour augmenter notre activité à l'international» confie Jean-Pierre Savarino. S'installer sur de nouveaux territoires, notamment en Union Européenne, pourrait permettre à la société de capter de nouveaux marchés dits de ?retour géographique ?pour les grands projets publics. «Nous sommes déjà au maximum sur le sol français.»
Développement à l'export
Les cibles visées? La Péninsule ibérique serait en ligne de mire... avec en second choix le Royaume-Uni ou la Scandinavie. «Cela dépendra des opportunités» martèle le patron de Studiel. Idem pour le mode d'implantation: croissance externe ou nouvelle implantation, rien n'est décidé. «Il ne faut pas se tromper sur ces marchés-là.» Programmés pour 2009, ces nouveaux développements ont été repoussés à la fin de l'année 2010... et devraient notamment permettre à Studiel de dépasser «d'ici à deux à trois ans» les 400 salariés. De belles perspectives, bien loin du marasme actuel.
L'équipe dirigeante de Studiel était au dernier salon du Bourget pour prendre le pouls de ses donneurs d'ordres. Vent debout face à la crise, la PME s'appuie sur une activité très diversifiée et prépare de prochains développements sur les marchés européens...