À la question peut-on faire des affaires avec les réseaux sociaux, Pierre Rochouane, P-dg de Medialibs à Sant-Florent-Le-Vieil, éditeur de logiciels ayant sa propre communauté (cf page3), a une réponse mitigée: «Oui à condition...». Avant d'expliciter ses propos sous forme de parabole: «On a l'impression d'un immense ensemble de ruches dans lequel on peut s'insérer facilement. Mais ce n'est pas pour cela qu'on aura des abeilles. Les réseaux sociaux, ce sont avant tout des outils de communication.» À moindre coût. Adrien Poggett, d'Ozibao, en a fait l'expérience. Un journaliste de Canal+a porté l'un de ses tee-shirts de foot vintage. Capturé, l'extrait a été diffusé sur Youtube. «Ou comment s'offrir trois minutes de publicité pour le prix d'un tee-shirt!», résume l'entrepreneur nantais.
Prime au marketing viral
«Ce qui compte, c'est le fond, la cible, le temps consacré. Tout cela doit s'inclure dans une stratégie. On ne peut pas y déroger. On doit apporter un plus, une différence», abonde Pierre Rochouane. Création de blog, annonce d'un événement sur les sites communautaires, diffusion d'un lipdub (clip de promotion) sur les sites de partage, des outils existent pour se faire connaître, améliorer son image ou affiner son positionnement marché.
À condition d'avoir l'idée, l'originalité, le réseau pour relayer, pour créer le fameux "buzz".
Car c'est le gratuit qui fonctionne sur la toile, d'où la notion émergente de marketing viral ou bouche à oreille. Collaboratif, le web 2.0 permet à une entreprise de mener une action auprès d'un public ciblé, en utilisant les consommateurs. Le but est de faire circuler l'information à leur réseau de connaissances.
Apple en est l'exemple même, avec un sentiment de forte appartenance de la part des usagers de la marque. Le marketing viral présente trois avantages principaux: un coût bien plus faible que celui du marketing direct; un message publicitaire rapidement propagé; enfin, une connotation positive liée à sa prescription par le biais d'une connaissance.
Le net rejette la prospection commerciale pure: arriver sur les réseaux sociaux, les forums ou les communautés de consommateurs pour vendre son produit est le meilleur moyen de se faire rejeter. Il faut le faire de façon subjective. Ou clairement dissocié, mais en tout cas associé aux outils habituels. «Il y a une vraie cohérence entre tous les outils. Et ce n'est pas réservé qu'aux grands groupes; les PME régionales peuvent clairement les utiliser», pense Lidia Bouthagane, consultante en marketing client. Bodet, spécialiste des instruments de mesure du temps, a par exemple a créé un site dédié à la vente en ligne de ses petits matériels comme la Timebox. Il est référencé sur Google par le biais des ad words, ces petites vignettes sur le côté de la page qui apparaissent avec l'apparition d'un mot-clé. «Le budget est supérieur à 10.000€ mais ça reste raisonnable. C'est un site test qui marche bien. Dès 2010, on devrait vendre ne ligne sur Bodet.com», explique Yann Thibaud, responsable Internet.