Derrière le site industriel de Butagaz, dans la zone industrielle de Reischett (Bas-Rhin) au sein de l’Eurométropole de Strasbourg, une friche s’étend sur près de 14 hectares. En 2027, près de la moitié de cette surface devrait être recouverte par plus de 10 000 panneaux photovoltaïques. C’est en tout cas ce que prévoit le projet Sunn’Stett porté par l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) et la société d’économie mixte basée à Paris SIPEnR (495 000 euros de CA 2023).
Situé sur l’ancien emplacement de la raffinerie de Reichstett, le site a bénéficié d’une remise en état à cause de sa pollution depuis son acquisition par l’Eurométropole en mai 2023. Un oléoduc enterré traverse de part et d’autre le terrain et plusieurs voies de chemins de fer traversent le secteur. "Nous travaillons sur ce projet depuis deux ans maintenant. De nombreuses études de terrains ont été réalisées sur le site afin de concentrer le projet sur les zones où la biodiversité n’avait pas repris sa place", explique Thibaut Vermillard, directeur général délégué chez SIPEnR.
Un objectif de 1 100 Mwc en 2050 pour l’EMS
D’une surface de six hectares, la puissance installée de la future centrale photovoltaïque doit être de 6,26 MWc. "Le projet Sunn’Stett doit devenir la plus grande centrale photovoltaïque de l’Eurométropole de Strasbourg en augmentant de 30 % la puissance déjà installée sur le territoire", affirme Pia Imbs, présidente de l’EMS.
"Ce type de projet d’ampleur doit nous permettre d’atteindre notre objectif fixé dans le Schéma directeur des énergies 2050, à savoir l’implantation d’une puissance de 1 100 MWc d’installations photovoltaïques sur le territoire de l’EMS en 2050", renchérit Marc Hoffsess, conseiller métropolitain délégué à la transition énergétique.
5,5 millions d’euros d’investissement
La production énergétique attendue pour cette centrale est de 7 gigawattheure par an. "Cela représente près de 15 % de la consommation totale d’électricité de la commune", détaille le maire de Reichstett, Georges Schuler. Le montant d’investissement du projet avoisine les 5,5 millions d’euros, dont 80 à 90 % doivent être financés par de l’emprunt bancaire.
Ce sont les actionnaires qui financeront la somme restante. Si l’actionnaire majoritaire est SIPEnR, figurent dans les rangs des actionnaires minoritaires l’Eurométropole de Strasbourg, la municipalité de Reichstett, la toute récente société d’économie mixte Grand Est énergies ainsi que la coopérative citoyenne des Brasseurs d’énergies, société qui porte des projets d’énergie solaire financés par de l’épargne citoyenne. "Ce qui différencie vraiment ce projet, c’est son côté 100 % public et citoyen", affirme le directeur général de SIPEnR. Le permis de construire du projet doit être déposé à la fin du mois de mars 2025. Le début des travaux est prévu pour le dernier trimestre 2026.