«La thématique du financement des PME est l'un de nos chevaux de bataille». À l'occasion de l'assemblée générale annuelle de Strasbourg place financière (SPF), son président, Alain Vautravers, a rappelé l'engagement de ses membres aux côtés des dirigeants d'entreprises alsaciens. «Nous avons adopté avec les autres places financières (Paris, Lille, Nantes, Lyon et Marseille, NDLR) des positions communes vis-à-vis de l'État et de l'Europe sur un certain nombre de sujets. Notamment sur les conséquences dommageables de Bâle III et de Solvabilité II sur l'accès au financement des ETI», souligne le responsable. Strasbourg place financière, qui regroupe plus de 120 acteurs de la vie financière alsacienne (banques, experts-comptables, avocats d'affaires, gestionnaires de patrimoine...), travaille actuellement avec Middle Next pour étudier un allégement des conditions dans lesquelles ces entreprises de tailles intermédiaires pourraient accéder aux marchés financiers, notamment par un allégement des procédures légales. «Il faut faciliter et développer cela», affirme Alain Vautravers. Reste à vérifier que les dirigeants d'ETI sont disposés à ouvrir de la sorte leur capital familial.
L'Anacofi aux côtés de SPF
En attendant, et en présence de David Charlet, président national de l'Anacofi (syndicat professionnel de la finance indépendante et conseil en patrimoine), Alain Vautravers s'est félicité de voir les effectifs de son organisation progresser de façon «régulière», pour dépasser désormais les 120 membres. Parmi eux, beaucoup relèvent de l'Anacofi et sont confrontés à d'importantes évolutions des règles entourant les conditions d'exercice de leur métier. Cela va des négociations sur la réforme européenne de la rémunération de l'épargne financière, à la rationalisation de la régulation et du contrôle des mondes de l'assurance, de la banque et de la finance, «paradoxalement autonomes», rappelle David Charlet. «Avec nos confrères anglais, nous avons fait remonter cette incohérence», poursuit-il. En clair, il dénonce le fait que des règles de contrôle différentes s'appliquent à ces trois univers qui pourtant s'entrecroisent, notamment à travers les produits qu'ils commercialisent auprès de leurs clients.
Une appétence pour les indépendants
Des sujets dans lesquels, à l'instar des missions plus traditionnelles de cette instance, comme la problématique d'organisation des métiers ou les règles de transparence à l'égard du client, se reconnaît le président Alain Vautravers. Logique, dans un contexte ou les indépendants, nombreux au sein de son organisation, auraient vu leurs parts de marché passer de 3 à 10% dans la finance et de 7 à 14% dans l'assurance (chiffres nationaux). «Il y a une vraie appétence de la part des clients», a conclu David Charlet. Les indépendants pourraient être promis à un bel avenir, à condition que la crise économique, qui pourrait redevenir financière, ne vienne pas rebattre les cartes en profondeur.
Strasbourg placefinancière
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