Après l'annonce de l'arrêt de sa division numérique et d'un plan de départs volontaires échelonné sur trois ans, le groupe franco-italien STMicroelectronics reprend des couleurs. Le groupe a récemment annoncé des résultats en progression, avec un chiffre d'affaires annuel en croissance de 1,1% à 6,97 milliards de dollars, soutenu par une hausse séquentielle de 3,5% au 4e trimestre (1,86 milliard de dollars), soit un peu mieux que le trimestre précédent (1,80 milliard de dollars). Le groupe enregistre également une hausse de son résultat net de 58% en 2016, qui s'expliquerait par plusieurs mesures : améliorations du mix produit, baisse des charges d'exploitation, mais aussi subventions à la R&D plus faibles.
Deux accords en cours
Si le P-dg de STMicroelectronics, Carlo Bozotti, parle dans un communiqué d'une croissance soutenue par les puces destinées aux marchés de l'automobile, les capteurs d'image et par des économies générées grâce à la restructuration de ses activités, plusieurs sources estimaient au cours des dernières semaines que ces résultats traduisaient déjà l'impact de deux contrats clés récemment passés par ST. Le franco-italien aurait en effet décroché il y a quelques mois deux importants contrats avec le géant de l'informatique Apple et le spécialiste de l'aéronautique américain Space X. Le premier portant sur la fourniture de capteurs d'images visant à équiper les téléphones du géant à la pomme, à la suite d'un partenariat visant également à implanter un centre de R&D du groupe à Grenoble. Le second accord concerne la firme californienne Space X, et porterait quant à lui sur le développement de composants électroniques spatiaux. Mais à ce jour, aucun des trois acteurs n'a encore confirmé l'information, malgré plusieurs sources concordantes.
Conséquences sur l'emploi
« On le voit d'ailleurs avec les derniers résultats positifs publiés par le groupe, où l'effet s'est déjà fait sentir », résumait il y a quelques semaines un acteur du bassin grenoblois, qui parlait de « 200 à 300 embauches programmées lors d'une première phase ». Mi-janvier, le groupe d'intérim Randstad a publié un communiqué affichant 50 nouvelles offres de postes en CDD longue durée (5 mois ou plus) pour le compte du groupe. Les recherches porteraient notamment sur des postes d'agent de maintenance, technicien de maintenance, agent process et technicien process, pour des recrutements visant à être complétés au 28 février 2017. Des profils très opérationnels qui tendent à confirmer le pic de production généré par ces récents contrats. Contactée, l'agence n'a toutefois pas donné suite à notre demande d'interview.
Vers un nouveau marché ?
D'après des informations de la revue Challenges, ces deux contrats permettraient à l'usine de Crolles 200 d'afficher un taux de charge de 100%, contre 80% pour l'usine de Crolles 300. Une cinquantaine de machines seraient d'ailleurs en passe d'être livrées sur le site de Crolles, toujours selon le magazine. Ces résultats ne dissipent cependant pas les inquiétudes des syndicats, qui craignent que cela ne conduise le groupe à faire des choix : « Au lieu de produire les futures technologies de microcontrôleurs, ST pourrait alors décider de se tourner vers les fondeurs pour les réaliser », rappelle un représentant syndical. D'après la dernière étude du cabinet Semicast, le groupe se classe 4e mondial des semi-conducteurs industriels derrière Texas Instruments, Infineon et Intel, avec 4,4% des parts de marché.