Stiplastics est déjà bien connu pour ses piluliers ou ses cuillères doseuses (voir notre édition de juin2009). Le plasturgiste basé à Beauvoir-en-Royans réalise en effet plus de 80% de son chiffre d'affaires dans la santé avec des produits fabriqués en marque propre mais aussi avec des activités développées pour des clients de référence tels que ProRhinel ou Sanofi Aventis. L'innovation fait d'ailleurs partie de sa stratégie avec un bureau d'études intégré de cinq personnes. Mais il s'agit de recherche incrémentale, de design produits, de graphisme, d'ingénierie... Avec la création de la spin-off Inlab, Stiplastics ouvre la voie à un autre registre: l'innovation de rupture dans le domaine de la traçabilité appliquée à la santé. «Tous les quatre ans, Stiplastics lance une grande réflexion stratégique, explique Patrick Sivera, le P-dg. Et on a voulu se poser la question de l'innovation différemment. C'est en effet difficile d'imaginer le futur avec des technologies que l'on ne maîtrise pas encore. Et pourtant, l'innovation de rupture ouvre de vraies perspectives de développement. D'où la création d'Inlab en 2010. On a décidé de miser sur une entité qui imagine le futur!»
Statut de spin-off
«Le choix de la spin-off s'est imposé pour ne pas mettre en péril la structure actuelle, précise Vanessa Garroux, responsable marketing de Stiplastics. Car il existe une prise de risque plus importante liée à l'innovation. Surtout, ce n'est pas le coeur de métier Stiplastics.» De plus, cette séparation va permettre à Inlab de se développer avec d'autres clients potentiels, sans faire de concurrence à son géniteur. «Pour lancer Inlab, j'ai mis 100.000 € dans la holding familiale qui détient Stiplatics, explique le P-dg, et quelques amis ont apporté 20.000 €. Voici le capital.» Soit un investissement conséquent. Ceci dit, avec le recul et, surtout, depuis la nouvelle loi de finances, il n'est pas certain qu'Inlab ait choisi le meilleur statut.
Perte de crédit impôt recherche
«La réforme du statut de jeune entreprise innovante (JEI) que nous allons demander cette année, ne nous touche pas vraiment car nous n'avions pas construit notre business plan en fonction, explique Caroline Sivera, directrice des partenariats d'Inlab. Ce qui n'est pas le cas du crédit impôt recherche (CIR)!» «Le fait d'être une spin-off empêche Stiplastics de bénéficier du taux de 50%. On reçoit donc seulement 30% de CIR pour créer un laboratoire commun avec le CEA, ajoute Roland Pesty, directeur d'Inlab. Pourtant, Stiplastics n'est pas un grand groupe qui cherche à défiscaliser. C'est une PME qui est pénalisée! Malgré ce manque à gagner de centaines de milliers d'euros, qui nous complique la tâche et nous ralentit, on garde le cap sur notre stratégie.»
Projet labellisé Minalogic
Néanmoins, Inlab n'a pas perdu son temps puisqu'elle est chef de file d'un projet labellisé par le pôle de compétitivité Minalogic, intitulé DisDeo. Ce projet collaboratif vise à mettre au point un dispositif d'aide et de suivi de l'observance. «C'est bien plus qu'un pilulier intelligent», précise Caroline Sivera. Ce dispositif doit permettre de mieux suivre la médication des patients. Sur ce projet d'un budget global de 4,3M€ sur trois ans, Inlab collabore avec le CEA et Sanofi-Aventis mais aussi avec Altran et la start-up grenobloise Alpwise, sans oublier Stiplastics. «Pour le financement, nous aurons la réponse en mars, explique Roland Pesty. Au total, nous attendons 1,6M€ de subventions du Fonds unique interministériel (FUI). Guidé dès le début par le marché de la santé, ce dispositif devrait être commercialisé en 2016.» En 2011, Inlab envisage de lancer d'autres projets de rupture... «On peut aider les entreprises à franchir un cap dans leur R & D, poursuit le directeur. On leur propose de nouveaux relais de croissance.»
Stiplastics
(Beauvoir-en-Royans) CA 2009: 13,5M€ Effectif: 70
Inlab
(Grenoble) Effectif: 2 06 08 53 59 52 @email