Depuis 18 mois, le marché du mobilier du bureau traverse une crise sans précédent qui n'épargne pas le leader mondial, Steelcase (siège à Schiltigheim). «L'ensemble des professionnels du secteur ont des volumes en chute de 30%, y compris nous, indique Yvan Stehly, directeur financier de Steelcase. En conséquence, les prix de vente se sont eux-mêmes contractés de quelques pour cent.» La suppression de 103 postes en 2009 n'aura pas suffi à juguler ces pertes, «car nos prévisions d'alors tablaient sur un chiffre d'affaires en baisse de 18%», explique le directeur financier. «Aucune reprise d'ici deux ou trois ans» n'étant envisagée, le groupe a défini une nouvelle stratégie industrielle. Steelcase a annoncé le 14avril dernier sa volonté de fermer le site de Marlenheim et de faire des quatre autres sites français et allemands des centres de compétences: Wisches pour les produits métalliques, Sarrebourg pour les sièges et panneaux et en Allemagne Rosenheim pour les bureaux, et Durlangen pour les rangements. «Une configuration qui nous permettra de réaliser des économies tout en renforçant l'expertise, accélérant l'innovation et facilitant les investissements», indique Yves Stehly. L'annonce de la fermeture a pris de court les 202 salariés de Marlenheim, qui ont depuis manifesté leur colère par de nombreuses actions. «Différents scénarios ont été envisagés autour des problématiques de transfert de lignes, d'économies de coûts et d'impact social», explique le directeur financier. C'est dans un contexte socialement tendu que s'est tenu le 28avril un second comité central d'entreprises, visant «à clarifier et expliquer le projet, et les solutions envisagées en termes d'emplois». Steelcase propose le transfert de 97 postes et la création de 4 autres à Wisches. La mise en place de transports collectifs a été avancée, pour rallier ce site distant de 27 kilomètres de Marlenheim. 27 autres postes pourraient être créés à Sarrebourg et 18 postes en Allemagne. Le premier rendez-vous de procédure était prévu le 5mai.
Steelcase a annoncé sa volonté de fermer son site de Marlenheim, dans le cadre d'une profonde restructuration de ses activités européennes.