Les délégations de service public sur les stades se comptent sur les doigts de la main en France: le Stade de France, le Parc des Princes, le stade duMans* et, désormais, le Stade des Alpes. Le métier de délégataire est donc encore à inventer et c'est sur ce créneau-là que le groupe Carilis s'est positionné. La Métro a préféré le novice Carilis à Vinci, qui avait pourtant plus d'expérience dans la gestion d'équipements sportifs. «Cela tient sans doute à notre capacité à répondre précisément à l'offre spécifique de Grenoble et de la Métro», analyse Christophe Ville, président de Carilis et ex-hockeyeur international, qui connaît bien la région grenobloise pour avoir joué avec les Brûleurs de loups. Carilis a pris soin de s'entourer de partenaires locaux, comme les Grenoblois Eolya (groupe Streiff) pour la maintenance et Azimuts communication. Au terme de longues négociations, le projet de Carilis pour faire revivre ce stade de 25.000 places sous la forme d'un complexe multi-usages, propose cinq niveaux de développement.
Axe prioritaire
Le groupe annonce qu'il investira 800.000€ pour proposer une activité permanente en rez-de-chaussée de l'équipement: création d'une salle de fitness, d'une brasserie et réaménagement des bureaux du GF38 en pôle médical dans un premier temps. Il équipera également le stade d'une couverture mobile de pelouse. D'ici à trois ans, Christophe Ville prévoit d'organiser douze événements grande jauge (sport, spectacle ou concert), matches de rugby inclus. «Les concerts sont un axe prioritaire», affirme Christophe Ville, qui ne peut cependant rien promettre avant 2013. Le gestionnaire lance également une alternative aux grands événements en isolant un espace d'un millier de places pour des animations plus limitées. Pour honorer sa mission de service public, le stade sera ouvert au monde associatif, continuera à accueillir le club utilisateur (GF38) et organisera un accueil social en réservant 1.000 places à 10€ par événement. Enfin Carilis ouvrira ses équipements aux salons et séminaires.
Du hockey
Comme un pied de nez au rugby qui hésite encore à jouer plus de quatre matches au Stade des Alpes et au foot dont la reconstruction d'une équipe professionnelle capable de déplacer les foules prendra plusieurs années, le rendez-vous phare de l'année 2013 sera un événement de hockey, le Winter Tour, organisé pour la première fois en France. Carilis prend le Stade des Alpes en main pour une durée de huit ans et espère «des résultats visibles dès 2013». Le montage financier, entre redevance du délégataire et subvention de la Métro, en particulier en raison de l'aléa sportif, prévoit une charge nette lissée sur huit ans de 1,4M€ pour la communauté d'agglomération; un montant en deçà de ce qu'elle verse actuellement pour la gestion en direct de l'équipement.
D'autres DSP?
La réussite du projet ne tient pas tant à la capacité de Carilis à organiser des événements, qu'à celle d'accueillir un jour un club résident, foot, rugby, ou les deux. Et là, rien n'est moins sûr. Alors qu'est-ce qui fait courir Carilis, gestionnaire en Isère des centres aquatiques de Vaujany et des Deux-Alpes? La perspective d'autres DSP, comme celle d'Alpexpo, qui donneraient une logique économique entre la gestion d'équipements indoor et outdoor? «Notre métier est national. Nous n'avons pas de stratégie ouverte à d'autres marchés que le Stade des Alpes en Isère. Ce n'est pas un coup à trois bandes», se défend Christophe Ville. Le groupe Carilis (500 salariés, CA2011: 26M€), gère en effet plus d'une quarantaine d'équipements en France. Les clés du stade lui seront remises début novembre. Une équipe dédiée sera alors installée sur place.
sabelle Doucet
-*Gabriel Galland "La décision publique face aux nouveaux enjeux des stades", IEP de Lyon, 2010-2011.
- www.carilis.fr
Le Stade des Alpes a un nouveau gestionnaire. La candidature du groupe Carilis, qui gère des équipements publics, a été retenue par la Métro au terme d'une procédure d'appel d'offres de 18mois. Son dirigeant a proposé quelques pistes pour faire revivre le stade.